Et le français, bondieu!

« Je suis de plus en plus offusqué au niveau de mon amour du français, tel qu'il est parlé par les journalistes, professeurs et professionnels; ceci va nous occasionner dans le futur de graves problèmes au niveau culturel surtout dans notre belle capitale nationale fédérale (sic et re-sic) ». Voici le genre de charabia qu’on nous sert tous les jours. Il est de mode de pointer du doigt les enseignants; si certains ne sont pas sans taches, il faudrait aussi regarder du côté de nos communicateurs, journalistes, artistes, politiciens et fonctionnaires. Et l’anglomanie des Français, imitée servilement dans nos médias, joue également un grand rôle. Et qu’on arrête de lancer la pierre à nos classes populaires qui sont en fait les plus créatrices (et non « créatives ») sur ce plan: poutine, pétage de broue, tataouinage, etc...

Quand un chanteur ou musicien nous élucubre qu’il n’est jamais aussi « high » que sur son « stage » à « pitcher » ses « tounes » (exécrable) dans son « show » avec son « band », j’ai vraiment envie de lui garrocher un tas de... (non, pas des tomates). Il y a des limites à ce « rappage » (non « rapping ») insignifiant. Et quant on connaît l’influence énorme qu’ont ces « petites vedettes » – pardon, « stars » – sur les jeunes, il ne faut pas se surprendre qu’on doive les sous-titrer en français.

Dans un mensuel culturel régional, un chroniqueur brassicole (bière) nous parle d’un phénomène d’éclaboussement qui se produit à l’ouverture de certaines bouteilles; seulement, le monsieur emploie le terme « gushing » absolument inutile, si on consulte le « Robert historique ».

Et justement, je suis « tanné », écoeuré de me faire « inger » les oreilles: camping, caravaning, smoking, etc. alors que le français a une terminaison, un suffixe pour tous ces mots: « age », comme dans « campagne, canotage, magasinage », etc. D’ailleurs, ce « ing » anglais qui dénote une action en cours, ou le substantif de ce verbe, est probablement originaire du « ant », indicateur du participe présent français qu’on retrouve dans « coopérant » (celui qui « coopère » sur le plan humanitaire, etc.).

Chaque « fin de semaine » nos monopolisateurs du micro n’arrêtent pas de me souhaiter un bon « week-end », comme le font les Français. Quant à moi, je n’arrêterai pas d’essayer – comme on le dit en espagnol, italien et allemand – de profiter de ma « fin de semaine » pour faire du magasinage et, si le temps le permet, du campage et du canotage. Et s’il m’arrive, dans en centre commercial d’avoir à satisfaire un besoin corporel, je ne pousserai pas le goût de prendre mes « aises » jusqu’à chercher une « chambre (sic) ou salle de bain »: je me contenterai des toilettes.

Et vive la langue française dans toute sa richesse et ses variantes nationales et régionales !

Publié par Claude Morisset le 17 juin 2007 à 10:35 AM TrackBack Commentaires (5)