Les chemins tortueux de la démocratie

Voici les résultats officiels du vote sur le budget à l’assemblée nationale :
Pour : 46 députés
Contre : 44 députés
Abstention : aucune
Aucune abstention ? Vraiment ?

Pour une seconde fois en 2 semaines, le gouvernement minoritaire patapoufien a été sauvé in extremis grâce à l’abstention ou du moins à l’absence d’une grande partie de nos élus. 100% des députés adéquistes et 100% des députés du PQ présents en chambre ont voté contre le budget libéral, mais le gouvernement reste en place grâce à une absence collective commandée par les stratèges du parti détenant la balance du pouvoir. La semaine précédente, c’était l’ADQ qui nous jouait le même vaudeville en envoyant un seul de ses députés au front. Encore une fois, 100% des députés de l’opposition avaient voté une motion de non-confiance envers les libéraux, mais un seul adéquiste avait été délégué pour ne pas faire tomber le vilain gouvernement déconnecté de la réalité des citoyens, une directive du parti de l’opposition officielle.

Notre système de représentation supposément démocratique nous prouve encore une fois que nos députés sont fidèles à 100% aux directives de leurs partis respectifs et qu’ils ont assez peu de respect pour les citoyens qu’ils sont censés représenter, si ce n’est que de lire et d’interpréter les sondages publiés sur les opinions et les humeurs de l’ensemble de la population représentées par 1000 inscrits au bottin téléphonique et fiables à 3 points près, 19 fois sur 20. Voilà comment fonctionne notre démocratie participative, un bien meilleur système que la dictature, que la monarchie ou que l’aristocratie. On élit « démocratiquement » des marionnettes qui se lèvent chacun leur tour pour voter comme leur leader leur demande de voter. Une démocratie de mascarade dominée par les lignes de partis. Le pluralisme et l’alternance des partis nous permettent occasionnellement de remplacer les marionnettes par d’autres guignols et le système se perpétue à l’infini. S’agit-il de démocratie ou de caricature de démocratie ? S’agit-il de démocratie ou de la dictature des partis ? Dans tous les cas, on devrait plutôt parler de démocrature.

L’ultime pouvoir du citoyen, certains disent même le devoir, c’est de voter à intervalle régulier pour un des pantins que lui présentent les 4 ou 5 partis en liste. Et quand certains citoyens ne daignent pas exercer leur « droit » de vote ou quand ils annulent volontairement leur bulletin de vote, les grands analystes de la démocratie et les politiciens eux-mêmes se font très critiques. On parle d’indifférence et d’irresponsabilité ou plus grave, on parle de dangereux anarchistes. Qui accusera les moutons péquistes absents en chambre lors du vote sur le budget d’aujourd’hui d’être des irresponsables ? Et les adéquistes, la semaine précédente, étaient-ils des révolutionnaires séditieux ou des brouteux en laine ?

Publié par Rapporteur Zircona le 01 juin 2007 à 02:14 PM TrackBack Commentaires (2)