Pauline Marois serait-elle prise au piège?

Après avoir lu la lettre ouverte de Pauline Marois, exposée dans les pages du Devoir, j'ai ressenti le besoin de la commenter, car je trouve que la teneur de ses propos recèle quelques pièges, à mon humble avis.

Pour commencer, j'ai constaté que cette dame a bien appris sa leçon de néolibéralisme et l'a bien appliqué en composant cette phrase : « On ne peut pas répartir de l'argent que l'on n'a pas. » Quoi de plus évident pour certains, et, contrairement, de plus faux et de plus éculé pour d'autres, dont je fais partie, quand nous pouvons considérer objectivement que la richesse n'a pas connu d'égale comparaison, dans ses écarts entre les pauvres et les riches, depuis les règnes monarchiques; et il y a, heureusement, encore une classe moyenne pour nous le faire oublier.

Ce martèlement incessant de la supposée faillite étatique au profit du rattrapage économique in extremis par les sauveurs de la religion « drouatiste » a gagné par malheur la future reine du dernier grand parti encore « un peu » progressiste. Ce constat est très discutable quand on sait que l'économie va relativement bien sur papier, et que les problèmes criants sont plutôt d'ordre sociaux et environnementaux.

Madame Marois a beau parsemer son discours de « solidarité », d'« équité » et de « justice sociale », on voit bien que le « bien-être individuel », dans son sens le plus égoïste, est celui qui se retrouve en haut de la pyramide de ses priorités. Et qui dit « bien-être » de quelqu'un dit aussi « mal-être » d'un autre, surtout si le « bien-être » du premier est disproportionné. Car la richesse ne fait que se répartir de la bonne ou de la mauvaise manière, rien de plus. Le fait de savoir où se trouve la majorité de la richesse est déjà un bon point de départ pour une réflexion plus étoffée. Mais je crois que pour la future patronne du PQ, cette réflexion se doit de demeurer dans la sphère personnelle...

Donc, ce qui manque aussi à sa lettre ouverte, entre autres, est une réflexion quant aux répercussions réelles d'une plus grande privatisation au Québec. La tiers-mondialisation progressive des États-Unis (et du Québec) est déjà une preuve de la mainmise des corporations sur les gouvernements (qui sont, en passant, je me dois de le répéter, légitimés par et pour les individus qui composent la société : tous, pas seulement les plus riches d'entre eux). Et, surtout, que le coussin étatique est important à préserver et qu'il devrait se consolider encore plus pour contrebalancer les contrecoups de la mondialisation.

Alors, sur ce thème, je vais tenter de faire minimalement cette réflexion à sa place, mais par la positive. Pourquoi ne pas consolider encore plus l'économie du Québec par le dynamisme de ses PME, et par l'aide à la création d'emploi par de nouvelles entreprises (les plus éthiques possible), et donc de bloquer par cela les multinationales et leurs prétentions à tout bouffer sur leur passage? Si on exclut ces trop gros joueurs, il y a un très beau terrain de jeu ici pour les entrepreneurs, et il n'y aurait pas besoin de toucher ni aux services, ni aux compétences de l'État — même si l'État semble avoir besoin d'un petit « lifting » pour être plus efficace : la quantité des impôts payée par certains, versus la qualité des services, en est quand même une bonne preuve. Pour ce qui est de l'ouverture des marchés, l'échange des biens au niveau mondial est déjà profitable pour tout le monde, même s'il cause son lot de coûts environnementaux, mais cela est une tout autre histoire...

Publié par Renart L'éveillé le 21 juin 2007 à 07:39 AM TrackBack Commentaires (8)