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Steve Simard nous fait parvenir ce texte satyrique traitant du syndrome de l'accumulation de richesses. Il nous fait plaisir de le diffuser ici en vous invitant, comme toujours, à nous faire parvenir vos textes pour publication à l'adresse: webmestre@latribuduverbe.com.
Hymne à l’homo-accumulus
Je suis un libertarien de la plus pure espèce. Disciple de Freidman et de Nozick, je consacre ma vie entière à la lutte pour une plus grande liberté économique, pour la plus grande accumulation de richesses matérielles possible pour l’être humain. Jour après jour je combats programmes sociaux, syndicats, B.S., intellectuels de gauche, etc. Je publie dans les journaux, dans les blogs, je parle sur les tribunes téléphoniques, je soutiens le Fraser Institute.
De par cette lutte, de par cette emphase sur l’existence économique je vise un idéal d’être humain. Celui qui se lève le matin et qui se dit : « Quand je me coucherai ce soir, je serai plus riche que lorsque je me suis levé ». Celui qui voit plus loin, avec son plus gros téléviseur et sa plus grosse voiture. Celui qui s’enorgueille de sa richesse plus que de ses apports aux autres, qui s’élève au-dessus des plus faibles et qui leur dit : « Voyons dont 3 enfants, pas de mari et du BS. Va travailler paresseuse ! ».
L’accumulation est ma principale fin, en dehors de cet objectif je n’espère rien en particulier pour l’homme. Pour lui, je ne vise pas plus loin que la simple reproduction de son existence, que la simple adaptation à son environnement. Et plus particulièrement l’adaptation économique de l’homme envers l’homme lui-même (à travers la toute puissance de la finance). Le développement du potentiel humain, la créativité, l’art n’ont de valeur pour moi que s’ils accroissent le PIB. La fin des guerres, la dégradation de l’environnement, l’extrême pauvreté dans le monde ne me préoccupent guère. M’en occuper serait perte de temps et déviation de ma voie, ou pire encore, on pourrait m’attribuer des tendances go-gauches.
Je n’ai point de recul historique, j’accorde très peu d’importance à la culture. Je connais peu les sciences humaines en dehors de celles qui me servent d’arguments contre mes ennemis. Les différentes ethnies ne sont points des diversités où l’on puise un enrichissement mutuel, mais de nouveaux marchés homogénéisables prêts à l’expansion des valeurs matérialistes.
Sur mon lit de mort, je dirai à mon fils : « Fils. J’ai consacré ma vie entière pour que tu ailles un plus gros char. À mon dernier souffle, prend ce volant. Enfonces-y l’accélérateur au maximum et en atteignant sa limite, que j’aurai élevée pour toi, tu crieras : liberté !!! ».
Steve Simard
Publié par La Tribu du Verbe le 06 juillet 2007 à 11:22 AM
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