Bisphénol? Ah!


Au-delà du sujet des changements climatiques (qui est visiblement dans une impasse idéologique, alors que notre grand décideur et ses vassaux entretiennent à coups de « think » et de « tank »), il ressort depuis quelque temps dans la blogosphère et les médias que la prochaine bataille importante concernera l'industrie chimique, pour ne pas dire pétrochimique. Là où l'incertitude prévaut pour ce qui est de la cause des modifications extérieures (l'environnement), il apparaît que l'évolution technologique modifie aussi l'humain de l'intérieur, et ce, depuis belle lurette. Inventé en 1891, le bisphénol A en est un bon exemple.

Selon différentes études, ce produit serait assez dangereux : « une douzaine de recherches indépendantes ont relié l’absorption du bisphénol A à un dérèglement hormonal provoquant divers problèmes de santé. Le composé aurait un effet semblable à celui de l’oestrogène (cité d'un article paru sur cyberpresse, repris sur le site P45). » En plus, il serait un irritant pour les yeux, les voies respiratoires et la peau, et on conseille même de porter des vêtements de protection appropriés en sa présence... Pourtant, il se retrouve, selon le site du gouvernement canadien, « substances chimiques », dans la fabrication « d'une variété de produits de consommation en plastique, notamment des grands contenants en plastique servant à embouteiller l'eau. Il entre également dans la composition des résines de scellement appliquées sur les dents des enfants, de la résine composite des matériaux de restauration dentaire et des résines utilisées pour le revêtement des boîtes de conserve et des canettes. »

Parce que je suis un consommateur, et surtout un citoyen, je crois être en droit de me demander pourquoi l'industrie utilise ce composé chimique dans ses produits de consommation alors qu'il a été « très étudié dans les années 1930 au cours de la recherche d'oestrogènes de synthèse ». N'y a-t-il pas apparence de faute, et très grave?

Après les industries du tabac, les industries de la parfumerie et de leurs solvants hautement cancérigènes, et j'en passe, il faudra bien se rendre compte que nous sommes inondés de produits chimiques « pour notre bien » alors que de plus en plus il semble que ça nous fait du mal. Mais bon, l'industrie de la santé, qui semble plus assujettie au système économique qu'au gros bon sens social, ne repose pas vraiment sur la prévention, alors c'est tout à fait logique de créer des conditions gagnantes, c'est-à-dire des humains d'autant plus malades que l'espérance de vie augmentera.

Je sais très bien que je glisse du côté conspirationniste, mais comment ne pas arriver à ce constat quand il est si facile de le faire? J'ai vraiment de la difficulté à croire que les hommes du début de l'industrialisation ne se doutaient pas des dangers potentiels des nouvelles technologies chimiques, et de ses effets sur leurs enfants, et sur leurs petits-enfants, etc. Ma confiance en l'humain est au plus bas quand je sais que la valeur la plus importante de celui qui mène le troupeau (et par extension, pour ceux qui gravitent autour de cette personne) est l'argent, ce qui semble être pas mal le cas, depuis toujours. Alors, la prudence est de mise pour tout ce qui touche à ce qu'on ingère, s'applique et même respire, l'industrie devra donc trouver le moyen de se verdir à nouveau, sous la pression d'une population de plus en plus informée et consciente. Enfin, je l'espère.


(La photo provient d'ici, et la bouteille dans laquelle ce bébé boit ne contient pas, contrairement à la majorité des bouteilles en plastiques vendues partout, de bisphénol A...)

Publié par Renart L'éveillé le 15 décembre 2007 à 11:22 AM TrackBack Commentaires (1)