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Le 10 décembre dernier, Muhammad Parvez d'origine pakistanaise a tué sa fille de 16 ans, Aqsa Parvez, parce que cette dernière ne voulait plus porter le hijab. Ce crime commis dans la région de Toronto serait le premier du genre au Canada. Au Pakistan, on appelle ça un crime d'honneur.
En apprenant cette nouvelle, combien de femmes au Canada, portants le foulard islamique, auraient eu envie de laisser tomber leurs foulards ne serait-ce qu'une journée, pour exprimer toute leur indignation face un crime aussi horrible?
Qui parmi toutes ces femmes musulmanes voilées de partout au Canada, seraient prêtes à initier une marche à la mémoire d'Aqsa Parvez? Qui parmi ces femmes, oseraient faire partie de cette marche, la tête dévoilée? Qui parmi elles, seraient assez lucides pour se dissocier d'une certaine aliénation derrière le voile?
Voilà une occasion qui se présente à toutes ces femmes musulmanes voilées pour donner un autre sens à ce voile devenu l'objet d'amalgame par excellence.
Se défaire de son voile, le temps d'une marche, est un geste qui me paraît nécessaire dans les circonstances parce qu'il va va dans le sens même de la foi de ces femmes croyantes. Je les invite à poser ce geste symbolique frappant pour rappeler d'abord ce en quoi elles devraient croire profondément, à savoir que Dieu seul donne la vie et Dieu seul peut la retirer. Le prophète des musulmans n'a t-il pas dit qu'une personne qui tue une autre personne tue l'humanité toute entière. Je les invite à se défaire de leurs voiles pour rappeler aussi qu'elles sont tout aussi libres de le porter que de l'enlever.
Elles sont nombreuses ces femmes musulmanes voilées qui ne manquent pas une occasion médiatique pour affirmer qu'elles portent leurs voiles par libre choix. Au nom même de cette liberté, je les invite à l'enlever pour une bonne cause. Celles qui pensent qu'elles n'ont pas de compte à rendre à personne, le meurtre d'Aqsa doit leur rappeler que certaines femmes ne sont pas au même degré d'exercice de leur liberté.
Le meurtre d'Aqsa Parvez me paraît aussi grave que la tuerie de Polytechnique. Qui mieux que des femmes portants le foulard islamique pour le dénoncer publiquement, en laissant tomber leurs voiles. Libres à elles de le porter à nouveau ou de le laisser tomber à jamais. L'important est de marquer l'imaginaire collectif par un acte de liberté. Ce même acte qu'une jeune fille de 16 ans a payé de sa vie.
Si elles ne sont que trois ou quatre femmes musulmanes à répondre à cette invitation, le combat solitaire d'Aqsa n'aura pas été vain.
Si j'étais une femme musulmane voilée, voilà ce que j'aurais fais. Parce qu'en tuant Aqsa Parvez, on a tué une partie de moi-même...
PS: Le 25 février 2004, Le Devoir a publié un texte dans lequel je proposais ''Que les jeunes musulmanes françaises tenant à porter leur voile à l'école le laissent tomber une seule fois, mais publiquement''. Cliquez pour la suite.
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