Réforme du mode de scrutin : le problème n’est pas technique, mais politique!

Récemment, le ministre des Affaires intergouvernementales et responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier, s'est montré peu optimiste quant à la mise en place de la réforme du mode de scrutin. Selon lui, les avis multiples et divergents qu’il a reçus indiquent qu’il n’y a pas de consensus au Québec en la matière. Selon lui, il faut aussi prendre note des échecs des référendums en Colombie-Britannique et en Ontario.

Pour sa défense, je lui dirai que les « intellectuels » québécois ont largement failli à leur tâche d’expliquer les aspects techniques liés au mode de scrutin. Pourtant, il s’agit là d’un problème très simple quand on le traite mathématiquement. Ainsi, plutôt que voir exprimer des grands principes généraux, on a assisté à une série de présentations sur le mode de scrutin favori de tous et chacun. Et, en toute honnêteté, le rapport du Directeur Général des Élections souffre des mêmes carences. Cette incompétence généralisée sert d’alibi à l’inaction des élus.

Car, il existe un mode de scrutin proportionnel qui répondrait très bien à nos besoins : le vote majoritaire équitable. Ce mode de scrutin permet de maintenir 125 circonscriptions électorales, ne demande qu’un vote, est totalement proportionnel et corrige automatiquement tous les biais introduits par la carte électorale! De plus, il est actuellement utilisé avec succès par la ville et le canton de Zurich.

Le ministre a été mis au courant de ce mode de scrutin depuis des mois. Les organismes militants pour la réforme du mode de scrutin aussi. Dans les deux cas, j’ai reçu des avis favorables à ce sujet. Alors pourquoi cette possibilité n’a pas été évoquée? Tout simplement parce qu’elle serait acceptable pour les Québécois!

En effet, changer le mode de scrutin c’est aussi changer la façon dont les électeurs votent. Ce qui est bien compris au PQ et au PLQ qui ne sont pas pressés de perdre des sièges au parlement.

Publié par Yvan Dutil le 30 janvier 2008 à 11:06 AM TrackBack Commentaires (2)