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Il y a maintenant plus d’un an, la Coalition pour une action citoyenne solidaire (COACS) envoyait une lettre au premier ministre, Stephen Harper, pour lui faire part de son désaccord face à l’implication militaire du Canada en Afghanistan. Aujourd’hui, ce gouvernement minoritaire, tenant d’une main le rapport Manley et de l’autre, les ficelles de l’opposition libérale, nous entraîne dans la spirale d’une guerre impériale permanente pilotée par les Etats-Unis sous le couvert de l’OTAN.
La question à laquelle nous devons répondre n’a pas changé: Pourquoi sommes-nous là? Pour apporter la liberté aux femmes afghanes? Pour apporter la démocratie? Pour enrayer le terrorisme et augmenter la sécurité dans le monde? Aucune de ces raisons ne survit à l’épreuve des faits. L’Association révolutionnaire des femmes d’Afghanistan (RAWA) nous rappelle que la répression exercée par les Talibans, particulièrement envers les femmes, n’indisposait pas les décideurs américains avant septembre 2001. Ces américains voyaient plutôt dans le régime des Talibans un facteur de stabilité bien utile dans ce pays pour préserver les infrastructures d’approvisionnement en pétrole qui s’y trouvent. Durant le règne de Bill Clinton, on pouvait lire dans le Wall Street Journal : "[the Taliban] are the players most capable of achieving peace in Afghanistan at this moment in history". Malalai Joya, une jeune ex-députée afghane qui, au risque de sa vie, dénonce les criminels que nous avons aidés à prendre le pouvoir en Afghanistan, affirme que les femmes ne sont actuellement pas plus en sécurité avec les élus au pouvoir qu’à l’époque des Talibans. Selon Mme Joya, en Afghanistan, plus de femmes se sont suicidées en 2007 que jamais auparavant.
Comment peut-on prétendre pouvoir imposer la démocratie par la force dans un pays où nous avons mis en place un gouvernement formé de nombreux seigneurs de guerre coupables de crime contre l’humanité qui se sont voté une loi pour « s’autoamnistier » suite à leur prise de pouvoir? Si Stephen Harper croit tant à la démocratie, pourquoi n’écoute-t-il pas la majorité des citoyens de son propre pays qui demandent le retrait des troupes canadiennes de cette mission de combat?
Nous servir l’argument de la sécurité et de l’éradication du terrorisme pour justifier cette guerre représente tout simplement une insulte à l’intelligence des citoyens canadiens! Le Canada fait partie d’une force d’occupation d’au plus 40 000 soldats. L’ex-URSS, avec 100 000 soldats de la plus puissante armée de terre de l’époque, aidés par 100 000 soldats afghans favorables aux soviétiques, a échoué après 10 ans de guerre brutale qui a laissé le pays en ruines. Nos décideurs en place veulent nous convaincre qu’avec notre guerre « juste », l’ennemi taliban pourra être éliminé, alors que les foyers d’intégrismes ne font que se déplacer et croître dans le monde musulman à mesure que l’occident y répand le chaos.
Au Canada, pour gagner le cœur des électeurs, on exploite à fond l’argument sentimental voulant que l’on doive continuer cette « mission » pour éviter que les 80 soldats morts au combat ne soient pas morts en vain. Cet argument démagogique ne tient pas la route car cette guerre est perdue d’avance. Dans 5 ans ou 10 ans, ce seront 150, 200 ou 300 soldats que nous perdrons inutilement pour servir l’expansion coloniale des Etats-Unis et de leurs succursales dans ce qui risque de devenir un conflit généralisé impliquant plusieurs pays de cette partie du monde. À l’heure actuelle, la situation est explosive au Pakistan, l’Iran vit sous la menace à peine voilée d’une agression de pays occidentaux, le bourbier irakien s’éternise, et tout cela s’ajoute à l’ensemble des conflits interminables du Moyen-Orient (Israël, Palestine, Liban, etc.)
L’entreprise de la supposée guerre « juste » n’est qu’une fabrique de la haine qui menace sérieusement notre sécurité. Le Canada doit favoriser une approche plus endogène (de l’intérieur, par le peuple) et réellement humanitaire. Il doit soutenir les groupes qui luttent actuellement pour apporter justice et liberté dans ce pays, comme l’Association révolutionnaire des femmes d’Afghanistan, et cesser sa participation à la guerre d’occupation commandée par les faucons américains. De cette façon, nous contribuerons à apporter des changements plus durables. Il est grand temps d’arrêter ce fiasco qui nous coûte plus d’un million de dollars par jour. Plus que jamais, nous disons NON à cette guerre d’occupation de l’Afghanistan!
Ont endossé cette lettre:
- Éric Perreault
- Sylvie Lessard
- Kim Roy-Grenier
- Annick Corriveau
- Odette Belval
- Christian Rajotte
- Marie-Claude Pétrin
- Hélène Parent
- André Dubois
Tous sont membres de la Coalition pour une action citoyenne solidaire (COACS).
Publié par Coacteurradical le 04 avril 2008 à 01:02 PM
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