J’voterais ou j’voterais pas ? *

* Sur l’air de « j’irais ou j’irais pas » de Luc de la Rochellière

Je me demande bien pour qui j’irais voter ? Voter pour l’un ou voter pour l’autre, quelle est la différence ? « Présent pour… On prend des forces… L’équipe du Vrai grand leader » (c’était pas Mao le Grand timonier ?)… Vraiment ça ne me dit rien ces panneaux de candidats affichés sur tous les poteaux disponibles. Du gaspillage de paysage. Des figures inconnues sur chacune d’elles, excepté les Grands Leaders. Des hommes ou des femmes le plus souvent businessman, avocats, financiers, qui veulent faire du « changement » - quel mot vide -, mais réalisé surtout dans leur milieu d’affaires. Le Couillard avait très bien compris son rôle de ministre et s’est préparé une sortie pleine d’avenir au privé, à la santé du public.

Les députés de mon comté je ne les ai jamais vus sinon qu’à travers les panneaux et dans les journaux régionaux. En chair et en os, non jamais vu. Existent-ils ? Il paraît selon le journaliste local qui signale le bon coup du député dans le comté. Ah bon ! Quel bon coup au juste ? Une petite subvention par-ci par-là. De l’habituel de la machine gouvernementale quoi. Des budgets dits récurrents. Mais s’il y a des coupures il semble que mon député, bien grand mot « mon », n’y soit jamais pour rien. Ce sont les « instances » du grand parti, les bonzes, qui décident par dessus sa tête. Et après on me vante ses mérites, il a fait ceci ou cela, il est sympathique, bonne bouille, mère ou père de famille dévoué à ses enfants et à son patelin. Mais un député est un tout petit. Il ne décide rien s’il n’est pas dans le cercle des propriétaires restreints de son parti et du « Conseil privé ».

C’est vrai que pendant une campagne électorale on voit une kyrielle de candidats, vedettes ou non, se promener librement, avec tout de même un garde du corps pas loin si c’est un Honorable ou 5 gardes si c’est un Très honorable; dans les centres d’achat et les magasins, donnant des accolades, des poignés de main, disant des amabilités : « je comprends votre situation et je vais y remédier si vous votez vous savez pour qui, ha, ha, ha !, rire gras et amène » . On laisse tomber la cravate pour faire proche du petit peuple. Le gros costard noir à fines rayures grises et à cravate bariolée est moins de mise en pleine campagne, excepté pou M. Coderre qui se voit Président, surtout quand on est proche du Dollarama pour les « votez pour moi je garanti pleine et entière satisfaction, sinon argent remis ».

Argent remis ? Remis à qui l’argent ? Toujours aux mêmes poches. Malgré vos beaux discours sur le financement des programmes sociaux. Mais à chaque annonce de financement bien publicisée il y a derrière des coupures pas du tout publicisées celles-là, mais bien cachées. Et nous, on paye de plus en plus de taxes et d’impôts et il faut en plus épargner dans des REER pour nos vieux jours, des RÉÉÉ pour les études des enfants, des RÉAN (annoncé par Harper), pour soigner nos parents, des assurances tous risques…Les programmes sociaux collectifs sont remplacés par des programmes sociaux individuels : t’es pas assuré, t’as droit à rien ! T’as pas d’argent ben quoi, lis des livres sur la réussite personnelle ! Le « secret » tu connais pas ça toi ! Ça marche de même : buzzz, buzzzz, j’attire l’argent, buzzz, buzzzz j’attire la réussite. Et ça te tombe dessus mon p’tit gars. Pense-y. 35$ le livre, 30$ le disque, cash, merci.

Vraiment, mais vraiment difficile de faire confiance à qui que ce soit parmi ces candidats liés aux grands partis de la finance et de l’industrie canadienne. Jamais d’argent pour améliorer la situation sociale, mais toujours de l’argent pour satisfaire les demandes des grandes entreprises et de la finance spéculative en bourse. Mais l’État ne doit plus se mêler des grandes affaires des capitalistes : laissez-nous tranquilles, on sait comment faire nous, grands gourous du businessss et de l’économie, on sait s’auto responsabiliser et se réglementer nous autres même ! Tu vas voir. Et dérèglemente et enlève les lois, enlève les inspecteurs, enlève les contrôles, et oh surprise, crise de listériose, contaminations à grande échelle, crise aux bourses mondiales, crise des finances publiques, crise du système. L’habituel quoi depuis des années.

Mais que se passe- t’il pour l’amour du bon Dieu qui voit tout ! On a trop foiré, faut maintenant nous sortir du trou. État, État aide-nous ! On est rendus pauvres ! Mais oui les p’tits gars plus de panique, papa État est là, comme toujours pour vous sortir du trou et faire un autre immense trou mais celui-là dans le Trésor public. Et paye pauvre travailleur, pauvre voteur, aide les financiers à survivre et à amasser des milliards (ce petit sauvetage de la bourse coûtera 1000 milliards de dollars américains aux contribuables américains) sur ton dos et tes services sociaux. L’État est trop lourd, dans le sens d’aider les citoyens, mais il n’est jamais trop lourd dans le sens d’aider les nouveaux bandits de grands chemins, les spéculateurs boursiers et les capitalistes irresponsables. Et l’argent pour les sauver vient de nos poches et des services sociaux, soyez-en assuré. D’où les immenses déficits des finances publiques.

Alors, j’voterais ou j’voterais pas. Un autre 4 ans à me faire niaiser ad nauseum par ces grands partis du capital ? Oh non merci. Ce système de représentation est en crise profonde et les gens demandent autres choses que des images fabriquées de partis et de candidats contraires à la réalité. Nous voulons à la base diriger ce pays. Diriger par des regroupements de citoyens qui eux dicteront leur comportement aux élus, qui devront eux aussi venir de la base, soit des milieux populaires. Sinon les élections sont un « nouveau cirque », un divertissement ponctuel, un achat d’électeurs : paroles et paroles et paroles…Mais les gens sont assez écœurés de cette foire d’empoigne du même milieu financier qui se querelle pour le pouvoir absolu. Les gens préfèrent et de loin une culture de qualité à des prix accessibles aussi.

Mais je comprends très bien que les gens ne veuillent plus voter et sont tannés des mensonges officiels et de se faire manipuler. Si vous votez, votez pour vos convictions, n’appuyez jamais ce vote dit « stratégique » dans lequel on nous maintient d’une élection à l’autre. Les libéraux sont aussi bandits que les conservateurs. Deux grands partis néolibéraux de la grande finance et des sociétés privées qui dirigent en sous main la société : Bay Street together with Wall Street pour une intégration économique, politique et guerrière.

Mais pour cette élection je vais voter NPD. Je connais Pierre Ducasse. Un jeune de 18 ans, de milieu populaire, se présente dans mon comté. Je vais l’appuyer. Et Layton est le seul à dénoncer les grandes compagnies et leurs profits. Il est courageux. Et si vous désirez une couverture médiatique plus objective, regardez le poste CPAC.

Publié par Claude Charest le 30 septembre 2008 à 05:58 PM TrackBack