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La réponse de la Société d'État au recours collectif -Le 15 septembre dernier s'ouvrait un des plus importants procès au Canada. À l'instar des victimes du tabagisme, des victimes de jeux d'argent et de hasard électroniques ont intenté un recours collectif contre Loto-Québec. Une victoire du recours pourrait entraîner de profonds bouleversements au sein de l'ensemble de l'industrie du gambling.
Malgré l'importance de ce recours, celui-ci est étrangement boudé par les médias, seul un journaliste judiciaire du Soleil couvre (partiellement) cet important procès qui se déroule dans un quasi hui clos. Il y a deux semaines, le Juge Gratien Duchesne, acceptait une requête des avocats de Loto-Québec et émettait une ordonnance qui forçait l'auteur de ses lignes à suspendre et retirer les compte-rendus des audiences édités et publiés sur le site dédié à cette cause (http://recourscollectifbrochu.info).
Cette ordonnance mentionne lesquels des médias d'information on le droit de publier ces compte-rendus (la presse écrite ou parlée) et exclut tous les autres... les médias électroniques, les blogues, bref une bonne partie des médias que l'on retrouve sur la Toile. La requête de Loto-Québec et l'ordonnance du juge Duchesne prive non seulement les membres du recours et la population d'une source d'information indépendante et unique, mais elle correspond à une grave atteinte à la liberté d'expression. Loto-Québec sait que ces témoignages peuvent avoir un effet dévastateur sur son image corporative et les profits qu'elle retire de ses activités. Elle met donc tout en oeuvre pour en limiter l'accès.
Parallèlement, Loto-Québec mène actuellement, une vaste offensive de relations publiques visant à démontrer qu'il est un bon citoyen corporatif et un gestionnaire responsable. Dès le début du procès les médias ont été inondé «ad nauseam» de pub de sa fondation «Mise sur toi». Hier, elle faisait grand état d'un prix qu'elle s'est méritée pour son programme «de jeu responsable» et remis par la World Lottery Association (The Best Player Education Program). Même les ressources humaines de LQ sont mises à contribution... dans une récente offre d'emploi de concepteur Web, Loto-Québec pousse l'arrogance jusqu'à reprendre à son compte une formule que l'ex ministre Roger Bertand et auteur d'un rapport qui a précédé la légalisation des ALV et des casinos. Celui-ci, lors de son témoignage a mentionné avec insistance que la gestion des jeux d'argent et de hasard devait se faire dans l'ordre et la mesure. Voici un extrait de l'offre d'emploi (http://www.infopressejobs.com/offre.aspx?offre=6211):
«Joignez une équipe gagnante
Loto-Québec est une société d'État qui commercialise dans l'ordre et la mesure une vaste gamme de jeux de hasard et d'argent. Son dynamisme se manifeste notamment par la popularité de ses produits, l'importance de son apport à l'industrie touristique québécoise et la renommée enviable que lui vaut son savoir-faire sur la scène internationale.»
Ce procès mérite une meilleure couverture médiatique et le baillon imposé par le juge Duchesne aux médias électroniques, à la demande de LQ, brime le droit à l'information. Cette arrogante société publique, qui est devenu un presque État dans l'État doit être rappelée à l'ordre par le gouvernement, Celui-ci, se doit, dans l'intérêt public, de ramener Loto-Québec à un rôle et mandat plus modeste ou le profit qu'elle puise du gambling serait assujetti une réel offre de jeu sécuritaire.
Publié par Alain Dubois le 14 novembre 2008 à 10:17 AM
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