Le double chapeau de Madame Louise Harel

Mardi dernier le 9 juin 2009, j'ai reçu une lettre de sollicitation pour la campagne de levée de fonds de la Société St-Vincent de Paul, une organisation charitable proche de l'Église catholique. Or, cette campagne est présidée cette année par nulle autre que Madame Louise Harel, également candidate à la Mairie de Montréal.

La coïncidence entre les deux événements est troublante: En effet, la lettre de la société St-Vincent de Paul sera distribuée dans des milliers de boîtes aux lettres d'électeurs montréalais, et ce, en pleine pré-campagne électorale.

En tout autre temps, je n'aurais eu aucune objection à ce que Madame Harel assume la présidence d'honneur de n'importe quelle campagne de bienfaisance. Mais durant l'année où elle se présente également candidate à la mairie de Montréal, cela lui donne un avantage indu par rapport aux autres candidat-e-s.

En effet, la publicité de dépliant de la société contient son nom et sa photo, et donne à madame Harel l'image d'une personne généreuse, remplie de compassion et charitable envers ses semblables.

De plus, cela lui donne de la publicité dont les coûts ne sont pas assumés par son parti politique.

Dans le cadre de sa présidence de prestige, elle aura de la visibilité médiatique pour promouvoir sa campagne de levée de fonds, en plus d'être visible également dans les médias pour donner ses conceptions sur la gouvernance de Montréal. Elle risque ainsi de semer de la confusion envers un bon nombre d'électeurs sur les enjeux de l'élection.

Il est étrange que la société St-Vincent de Paul, qui aurait pu choisir n'importe quel-le autre président-e- de prestige pour la campagne de cette année, ait choisi justement d'accepter que Madame Harel préside sa campagne, en pleine année électorale.

J'ai rédigé une lettre semblable à la présente à la Direction générale des Élections du Québec pour savoir si cette activité de la candidate à la mairie était légale en année d'élections, ils ne m'ont pas répondu encore, car cela me semble être une activité "para-électorale" qui contourne la loi sur le financement des partis politiques.

Jean-Guy Aubé
webmestre de l'agenda militant
http://agendamilitant.info

Publié par Jean-Guy Aubé le 15 juin 2009 à 12:24 PM TrackBack Commentaires (4)