L'Institut Economique de Montréal, les frais de scolarité, l'accessibilité et les médias: Une analyse

Bravo aux deux auteurs pour l'excellente étude de cas. C'est une honte que les mass médias refusent de diffuser ces faits. Mais est-ce surprenant?

J'avais déjà constaté, dans le cadre de mon travail, que l'IEDM diffusait des faits totalement faux sur le marché du logement locatif, notamment sur l'effet du contrôle des prix, en s'inspirant d'études produites par Dieu sait qui, mais omettant celles de la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL), autrement plus rigoureuses.

Ainsi, selon l'étrange institut, la dérèglementation du marché du logement locatif a comme effet de stimuler la construction de logements et de faire baisser les loyers. Or, toutes les études de la SCHL démontrent le contraire. Dérèglementer équivaut à faire presque doubler les loyers en 10 ans. Mais, entre-temps, le salaire des locataires, lui, stagne ou recule (surtout pour les 15-35 ans).

Cette bande d'hurluberlus de droite peut difficilement se vanter d'être objective et non-partisane.

Partons un mouvement pour les embêter. Je réfléchis à des actions en fin de semaine. Les suggestions seront les bienvenues.

Envoyé par François le 10 septembre 2004 à 04:53 PM

(ce sont les revenus des retraités qui stagnent, françois, pas ceux des enfants de quinze ans)

Envoyé par ahben le 12 septembre 2004 à 08:46 AM

Bravo aux auteurs. Une bonne étude de cas. Rien que du solide. Sans parler de l'indiscutable pertinence. Il faut trouver le moyen de briser le mur du silence des médias officiels et de diffuser largement cette contribution.

François Cyr président de l'UFP

Envoyé par François Cyr le 12 septembre 2004 à 10:51 AM

Ben non, j'ai toujours pas trouver un moyen d'emmerder l'IEDM. Les campagnes de fax et de courriels me semblent un peu tiède. Mais je réfléchis toujours. SVP: faites des suggestions.

Pour répondre à Ahben et éclairer ceux que ça intéressent, je ne connais pas encore la situation des retraités, mais les études sociologiques démontrent sans aucun doute possible que les revenus disponibles des jeunes de 15-24 et de 25-30 ans sont à la baisse depuis les années 1960.

Remarques sur l'évolution des revenus des jeunes depuis 1960.

Tirées de l'étude du BUREAU DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC (1997), D'une génération à l'autre : évolution des conditions de vie. Les publications du Québec, Québec; 257 p. (vol I) et 261 p. (vol II)

1. Baisse constante des revenus des jeunes générations

Le niveau de revenu s'améliore sur le long terme surtout pour les générations nées avant 1950. Pour celles qui viennent après 1960, on observe une baisse des revenus à leur entrée à l'âge adulte (calculé en dollar constant de 1994 pour cette étude). Par exemple, le revenu total des générations 1969-1974 aux âges de 20-24 ans est de 20% inférieur à celui des gens du même âge nés 20 ans plus tôt (p. 126).

"Le revenu total représente la somme des postes suivants : gains totaux (salaires, traitements et revenu net provenant d'un emploi autonome), revenus de placement, transferts gouvernementaux, pensions de retraite et rentes et autres revenus monétaires tels que les bourses d'études, les pensions alimentaires et indemnités de cessation d'emploi."

Les ménages où deux adultes apportent des revenus et se partagent les dépenses sont en meilleures position économique que les ménages composés d'un seul adulte avec revenu. Une échelle d'équivalence permet d'ajuster les revenus par ménage pour comparer l'évolution de leur niveau de vie sur différentes générations entre 1975 et 1994. On observe alors une diminution du niveau de vie des jeunes ménages alors que les plus âgés se maintiennent assez bien (p.134). Les jeunes âgés de 20-24 ans en 1994 ont un revenu moyen disponible de 20% de moins (13 494$) que les jeunes âgés de 20-24 ans (17 578$) en 1974, en dollar constant de 1994. L'écart se réduit lentement jusqu'aux alentours de 30-34 ans (p.156, tableau a5.2).

Peu importe comment on observe la question, c'est clair. Les jeunes, en tant que groupe, s'appauvrissent depuis les années soixante.

2- Le revenu disponible médian par générations et la mesure de la pauvreté

Le revenu médian se calcule après impôt, afin de voir les effets de la "redistribution" des richesses. Sa mesure est moins influencée par les très hauts revenus. Le BSQ définit comme pauvre un ménage dont le revenu est inférieur à la moitié du revenu médian. Cette mesure serait utilisée dans plusieurs pays et respecterait le caractère relatif de la pauvreté dans une société donnée.

Nous disions plus que les jeunes de 1994 avaient 20% de moins de moins de revenu disponible que les jeunes de 1974. L'écart se creuse lorsqu'on s'arrête au revenu médian. Les jeunes âgés de 20-24 ans en 1994 ont un revenu médian disponible de 33% inférieur (10 698$) à celui des jeunes âgés de 20-24 ans (15 915$) en 1974, en dollar constant de 1994. L'écart se réduit lentement jusqu'aux alentours de 30-34 ans (p.157, tableau a5.7).

On démontre ainsi que la pauvreté des jeunes gagne du terrain de génération en génération. Chez les 20-24 ans, la proportion de "pauvres" double entre 1975 et 1994 (de 21,27% à 40,55%). En fait, cette pauvreté "double" entre 1989 et 1994, après une baisse marquée entre 1984 (31,37%) et 1989 (19,81%). Les personnes de plus de 30 ans voient leur situation rester relativement stable durant cette période (p.158, tableau a5.6).

Les revenus de transfert des gouvernements qui viennent en principe compenser l'absence ou les faibles revenus de sources privées montrent que les jeunes reçoivent sensiblement le même revenu moyen de transfert que les personnes de moins de 59 ans. Est-ce dire que les jeunes, pourtant plus pauvres, reçoivent moins de l'État que les 30-59 ans, pourtant en meilleure situation?

3- Les jeunes et le marché du travail (volume II)

Les jeunes des années 1976-1996 sont moins actifs sur le marché du travail, mais font de plus longues études. On croit que des jeunes prolongent leurs études pour améliorer leurs chances d'obtenir un meilleur emploi, tandis que d'autres attendent une meilleure conjoncture sur le marché de l'emploi. Par rapport aux générations d'avant 1976, les jeunes étudient plus longtemps et entrent plus tard sur le marché de l'emploi (p.139, v.II).

Les conditions d'accès au marché du travail se dégradent de façon marquée pour les jeunes à mesure qu'on avance dans la décennie 1990. Une récession a été aggravée par la structure de l'emploi, qui touche par ses exigences élevées les jeunes sans diplôme. Les jeunes occupent de plus en plus un emploi à temps partiel, notamment les 15-19 ans. Près de deux jeunes sur trois (2/3) en occupent un en 1996, contre un sur trois (1/3) en 1976.

Bref, mieux valait venir au monde dans les années 1950-1960 si on espérait plus d'argent pour jouir de la vie. Par contre, si on se cherche une raison pour adopter la simplicité volontaire, l'écologie et la lutte contre les injustices à l'égard des jeunes, nous voilà servis.

Envoyé par François le 13 septembre 2004 à 10:39 AM

A François:

Un bon début serait de faire pression pour que des créatures comme l'IEDM soient forcées de révéler l'identité de leurs donateurs. Presque 1 million de dollars par année en fonds de fonctionnement, j'imagine que ce n'est pas le résulat de vente de cartes de membre à 5$ porte-à-porte...

Je crois que dans le cas de l'IEDM, cela jetterait un certain discrédit sur leurs "études". Une autre solution serait de faire pression pour leur faire perdre leur statut "d'organisme charitable". Les contributions des généreux donateurs ne seront plus déductibles d'impôt et j'imagine que cela en refroidira plus d'un et impactera le budget (et les moyens de propagande) de l'IEDM.

Frédéric Lacroix

Envoyé par Frederic Lacroix le 13 septembre 2004 à 11:38 AM

Les jeunes d'aujourd'hui sont moins riches que les jeunes il y a trente ans, c'est pas ça le problème. C'est la logique toute simple de ton affirmation dans le cadre de l'augmentation des loyers qui ne tient pas debout. Dans dix ans, le jeune de quinze va voir ses revenus monter et pas le retraité. Les revenus d'un jeune, comme de tout adulte qui n'est pas à la retraite, montent, même peu. Les retraites indexées ne courrent pas les rues.

C'est le problème quand on définit les jeunes comme une classe sociale. On ne peut pas rester jeune, mais il est très possible de rester pauvre. J'imagine même très facilement que les disparités entre les jeunes ont augmenté.

Aussi, quand on parle de l'accessibilité aux études universitaires, on pense surtout aux quelques vingt pour cent d'étudiants qui sont issus des classes inférieures. Pas des enfants d'universitaires des classe supérieures qui seraient plus pauvres que leurs parents.

Envoyé par ahben le 13 septembre 2004 à 01:27 PM

François, faut-il s'alarmer de la "baisse" de revenu des jeunes ?

Regardons plutôt à quoi elle est dû en partie. Voici mon hypothèse. En 1960, un jeune laissait en secondaire 5 et pouvait dénicher un emploi lucratif, les femmes commencaient une entrée massive aux hautes études et dans le domaine du travail. Plus d'individus diluent les données d'aujourd'hui.

Quand l'éducation est devenu gratuite et plus accessible, les jeunes se sont mis à prolonger leurs études. Qui dit études supérieures dit petits emplois, petits revenus. Cela dit, ceux qui de 1960 ont suivit des études plus longues bénéficient de plus en plus de bons salaires. Cela peut expliquer l'écart entre les générations. Les "plus vieux" récoltent le fruit de leurs études d'hier.

Ensuie, c'est à chacun de faire l'équilibre étude/boulot. L'IEDM en rajoute, bien d'accord, les étudiants aussi, pas un seul ne parle de la déduction d'impôt de $400/mois pour chaque mois aux études à temps plein ou de la déduction des frais de scolarité. Un étudiant d'ici en médecine cumule un prêt de + - $40 000 à la fin de sa générale, c'est beaucoup, mais bien moins qu'ailleurs, exemple, aux USA c'est près de $100 000. Personne ne dit que plusieurs quittent le Québec pour les USA pour un salaire plus élevé une fois qu'il ont eu des études payées en bonne partie par l'État.

Le danger c'est ce glissement vers une éducation moins "gratuite" et la perte de ces finissants qui vont offrir leurs services ailleurs à meilleurs salaires. On s'appauvrit comme société dans tous les sens et tous les domaines.

Alain Thomas

Envoyé par Alain Thomas le 13 septembre 2004 à 01:38 PM

Etude tr'es stimulante, bravo et merci, je me permet de l' indiquer 'a plusieurs autres chercheurs!

@ne sont pas soumises à un processus de revue par des tiers avant publication@

@aucun comité de chercheurs indépendants ne juge les projets pour déterminer si des fonds doivent être alloués ou non comme il est d'usage dans les universités, bref, les productions des think-tanks ne répondent pas nécessairement aux critères de rigueur, d'indépendance et de transparence habituels aux productions universitaires.@

Voilà, le hic. Est-ce que certaines "études" sont

télécommandées par des donateurs?

Je ne sias s'il y a une distinction entre organisme 'a but non lucratif et statut d' oeuvre charitable

Envoyé par Hermès le 17 septembre 2004 à 03:33 PM

Il y a longtemps que je ne suis venu faire un tour ici, mais je pense toujours au "comment emmerder" l'IEDM. Ma foi, je crois qu'il faut que je commence par les suivre à la trace dans leurs communiqués et leurs activités. Je finirai bien par avoir une idée d'action. Je pense entre autres à leur faire une visite avec des gars et des filles qui vivent dans la rue ou dans des taudis de leurs amis propriétaires. Avec des blattes bien grouillantes dans des pots pour ajouter aux arguments...

Envoyé par François le 26 septembre 2004 à 02:12 PM

Réponse à l'article de Frédéric Lacroix et Patrick Sabourin à la Tribu du Verbe

Norma Kozhaya

À la suite de la critique de la Note Économique publiée par l'Institut Économique de Montréal : La hausse des droits de scolarité réduirait-elle l'accessibilité aux études universitaires?, j'aimerais apporter quelques précisions, clarifications et commentaires.

Tout d'abord, je remarque que plusieurs de vos commentaires se basent sur une certaine interprétation des résultats de la Note de votre part ou de la part d'autres intervenants, qui ne correspondent pas nécessairement à nos conclusions. Celles-ci étaient simplement que des droits de scolarité plus élevés ne sont pas nécessairement associés avec une accessibilité réduite aux études universitaires, et qu'il y a beaucoup d'autres facteurs qui doivent être considérés.

Concernant les citations de M. Yalovsky de l'université McGill, qui est d'ailleurs critiqué presque autant que notre Note elle-même, je n'ai donc rien à dire, l'Institut n'étant pas responsable des commentaires des autres sur ses études. Il faudrait peut-être lui adresser directement les remarques.

Pour ce qui est des critiques plus pertinentes, voici quelques commentaires. Les auteurs soutiennent que le choix du groupe d'âge de 20 à 21 ans pour déterminer le taux de participation n'est pas approprié. "Les étudiants qui préparent un DEC technique, qui choisissent de partir en voyage et de voir le monde ou de travailler avant d'entrer à l'université sont exclus et font baisser le "taux d'accessibilité" !".

Deux remarques s'imposent ici. Tout d'abord on se demande pourquoi le choix des étudiants québécois "de travailler, de partir en voyage et voir le monde ou de travailler à l'étranger" serait très différent de celui des étudiants d'autres provinces. Si cet élément peut affecter les taux de fréquentation, il le fera de la même façon pour tout le monde, et ne change donc rien à la comparaison. De plus, ceci n'a rien à voir avec un lien entre droits de scolarité et décision de poursuivre ses études, et donc avec la question de l'accessibilité qui est le sujet de la Note. Si des droits de scolarité plus élevés de 1000 $, disons, constituent un obstacle à l'accès aux études, ça devrait être le cas plus pour un jeune de 20 ans que pour quelqu'un de 25 ans ou 30 ans qui a probablement déjà travaillé et amassé de l'argent et qui souhaite retourner aux études.

Par ailleurs, le choix du groupe de 20-21 ans a été fait expressément pour tenir compte de la réalité différente du Québec et ne pas biaiser de façon négative les données concernant le Québec. Ceci est bien expliqué dans l'annexe de la Note qui se trouve sur le site de l'IEDM (voir http://www.iedm.org/etudes/etude28a_fr.html). En effet, comme tout le monde le sait, au Québec, les deux années d'études collégiales viennent s'ajouter aux onze années scolaires, ce qui porte l'âge d'entrée normal à l'université à 19 ans, alors que dans les autres provinces canadiennes les études pré-universitaires durent seulement 12 ans (à part l'Ontario où le nombre d'années d'études jusqu'à tout récemment était de 13 ans comme au Québec). Dans d'autres publications qui traitent du sujet de la fréquentation universitaire et de droits de scolarité, le groupe d'âge utilisé est 18-21 ans ou 19-21 ans, ce qui dans ce cas biaise en effet les données pour le Québec. (Bien sûr, ceci ne s'applique pas aux étudiants suivant des études de formation professionnelle de trois ans au cégep. Ces étudiants s'en vont en général directement sur le marché du travail et une très faible minorité poursuit des études universitaires).

Au point 3, les auteurs prétendent que nous souhaitons démontrer une "relation causale". Or il n'y a aucune mention de relation causale dans la Note, le graphique montre seulement qu'il n'y a pas de relation négative entre le taux de fréquentation et les droits de scolarité, contrairement à ce que soutiennent les opposants à une hausse de droits de scolarité. Si quelqu'un peut montrer l'inverse, je serais très intéressée.

Au point 4, encore là quel est le rapport entre votre commentaire et la question d'accessibilité? Par ailleurs quand on discute des résultats des enquêtes de Statistique Canada sur les raisons pour lesquelles les étudiants ne poursuivent pas leurs études postsecondaires, on mentionne bien ce point.

Finalement je suis d'accord que pour mesurer l'accessibilité, il faudrait idéalement mesurer la composition socio-économique des cohortes qui fréquentent le milieu universitaire en fonction des frais de scolarité. Or comme vous le dites "Comme ces données n'existent pas, il faut se rabattre sur d'autres variables pour peindre un portrait de la situation".

Les enquêtes de Statistique Canada, en particulier "Revenu familial et participation aux études post secondaires" d'octobre 2003, révèlent quand même quelques faits intéressants. Au niveau du Canada, l'écart entre la proportion de jeunes de 18 à 24 ans ayant un diplôme universitaire ou fréquentant une université issus de familles riches (100 000 $ ou plus) et la proportion de jeunes issus de familles pauvres (25 000$ ou moins) a eu tendance à diminuer au cours des dernières années en dépit de la croissance des droits de scolarité.

Quand vous considérez le "taux de diplomation", (qui est comme vous le dites le pourcentage de la population qui détient un diplôme universitaire), il y a deux questions qu'on peut soulever : la première est que toutes les provinces ont fait des progrès, et ce malgré la hausse des droits de scolarité partout sauf au Québec. Je ne vois donc pas la pertinence de votre critique. Si le Québec a fait relativement plus de progrès c'est peut-être simplement parce qu'il part de plus loin. Finalement notons que ces données peuvent également être affectées par les immigrants qui arrivent avec un diplôme universitaire.

L'expérience du Québec et des autres pays montre que les gouvernements semblent incapables d'assurer un financement adéquat et soutenable à long terme des institutions d'éducation supérieure. Le sous financement menace la qualité des universités sans pour autant améliorer l'accessibilité et l'augmentation des droits de scolarité devraient être envisagée comme solution. Je ne vois rien dans vos critiques qui m'inciterait à modifier cette conclusion.

Envoyé par Norma Kozhaya le 28 septembre 2004 à 04:19 PM

Mme Norma Kozhaya a du front tout le tour de la tête de venir répliquer ici! Comme si son "exposure" dans les mass-médias n'avait pas assez gonfler son égo... Sa dernière phrase me fait bien rire: "...rien dans vos critiques qui m'inciterait à modifier cette conclusion". On en doute pas! Aussi bien essayer de convaincre Monseigneur Turcotte que Jésus n'a pas existé! Voyons. Vos conclusions, vous les aviez bien avant d'écire la première ligne. Aucun sceptique qui se respecte va boire la tasse. J'en boirai quand j'aurai une liste des commanditaires de votre secte... même si je ne digererai probablement pas.;-)

Pour le sujet qui nous préocupe ici, même si il était avéré que les étudiants vont autant à l'université même si on augmente les frais... Et alors?? C'est une bonne raison de les augmenter? Les études sont tellement essentielles aujourd'hui que c'est comme si on était tout surpris de s'appercevoir que les gens achètent de l'oxygène après avoir privatiser l'atmosphère! Les jeunes vont aller à l'université mais être moins riche, donc travailler plus durant leur études donc possiblement moins bien réussir? Avez vous songez à cette possibilité? Les étudiants se la coule douce au Québec? Pourquoi ne pas comparer avec d'autre pays? En Europe notamment? Je vous laisse sur cette citation:

"les chiffres sont comme les humains, on a qu'à les torturer un peu pour leur faire dire ce que l'on veut... "

-Dominic Claveau, trésorier, Sceptiques du Québec

Envoyé par Dominic Claveau le 08 novembre 2004 à 03:16 PM

Si vous voulez savoir à quoi ressemble un iedmiste, un patronneu ou un organisme de charité, je vous invite au Salon du Livre de Montréal qui se tiendra du 18 au 22 novembre. Au STAND 806 (dans la section ´sciences occultesª) des membres transparents de l'IEDM se feront un devoir de répondre à TOUTES vos questions. Ils vous attendent en grand nombre!

Pourra-t-on enfin mettre la main sur la liste de leurs donateurs?

Envoyé par Tartagnan le 08 novembre 2004 à 04:34 PM

Pour M. Claveau et les autres

Le fait de rédiger et de publier une critique à une analyse de l'IEDM doit être perçu comme une acceptation d'être critiqué à son tour. Or, la vérité ne saurait émaner que du débat que vous refusez! Voilà pourquoi les mouvements semblables à celui-ci n'évoluent pas: non seulement on réfute les arguments des autres courants de pensée par des dogmes, mais on refuse en plus de voir ces dogmes remis en question (Aussi bien essayer de convaincre Monseigneur Turcotte que Jésus n'a pas existé, comme vous dites).

Étant moi-même économiste (et pas le plus à droite, mentionnons-le), j'ai eu exactement les mêmes réactions que Mme Khozaya à la lecture de la soi-disant "formidable, crédible, etc étude" de ces deux messieurs. Le fait est qu'elle ne tient pas la route d'une analyse mathématique rigoureuse! Elle mêle les arguments avec des faits extérieurs au phénomène des droits de scolarité.

Finalement, sur l'exposure de Mme Khozaya. Si l'étude a été tant reprise par les médias, c'est qu'une économiste professeure d'Université est plus crédible que deux étudiants frayant avec la gauche radicale... Bref, si les groupes de gauche (en tenant pour acquis que l'analyse gauche-droite est encore actuelle) se donnaient un peu la peine de réaliser de vraies études rigoureuses (ou d'embaucher les ressources capables de les faire) et sortaient un peu de leur dogmes, peut-être auraient-ils un peu d'exposure aussi. (Ah! Oui! Excusez-moi, ce n'est évidemment pas ce que vous recherchez puisque les mass medias sont pourris de toute façon!)

Envoyé par Mathieu Laberge le 16 novembre 2004 à 11:36 AM

Dans son zèle à défendre l'IEDM, Mathieu Laberge fait flèche de tout bois sans beaucoup de dscernement ni de nuances. Attribuant à Lacroix et Sabourin les propos de Dominic Claveau, un autre intervenant, (bye bye la rigueur, bienvenue l'amalgame), il accuse les premiers de refuser tout débat. Or, Lacroix et Sabourin n'ont pas dénié, à ce que je sache, à madame Kozhaya le droit de répondre à leur texte.

Qualifiant, par ailleurs, de "mouvement" les commentaires échangés sur la Tribu du Verbe, il s'en prend aux "groupes de gauche", incapables, selon lui, de rigueur. Ici encore, on passe de la critique d'un texte écrit par deux chercheurs à la condamnation en bloc de tout un courant de pensée. Joli glissement! Et que dire de l'utilisation que fait l'auteur du concept de "mouvement". Les sociologues seraient édifiés de la rigueur méthodologique et des analyses conceptuelles très fines de Mathieu Laberge.

Pour juger de la rigueur et de la crédibilité des études effectuées sur la question des frais de scolarité, M. Laberge s'en remet à l'écho qu'en donnent les médias. D'autres, avant moi, ont mis en lumière la capacité qu'ont certains intérêts de manipuler les médias ainsi que l'autocensure qui s'exerce au sein de ceux-ci. Les individus, les organismes, les entreprises dotés de puissants moyens financiers peuvent plus facilement, par le biais de communiqués, de conférences de presse et d'autres stratégies de communication, faire connaître et diffuser leurs points de vue. Quand on sait que l'IEDM courtise les professeurs d'universités en leur faisant parvenir régulièrement de la publicité par courriel, qu'il offre de belles brochures, voire des livres (1), on imagine sans peine l'effort déployé auprès des attachés de presse et des journalistes. Un article, même bref, dans les grands médias nationaux permet à coup sûr de rejoindre un public assez large. Mettre sur le compte du manque de rigueur le retentissement limité dans les médias des recherches menées par les organismes et instituts identifiés à la "gauche" (par exemple le CCPA : voir son étude sur la qualité et l'accessibilité de l'éducation)(2) apparaît pour le moins simpliste. D'autant qu'on a jamais vu encore une puissante multinationale embauchant des ressources pour se critiquer publiquement... Les tactiques employées par les think tanks de droite pour investir les médias sont d'ailleurs connues (ils suivent d'ailleurs un guide disponible sur internet... j'y reviendrai), leurs énormes ressources financières, aussi. Par contre, leurs sources de financement demeurent, elles, occultes (bye bye à nouveau la rigueur, l'indépendance d'esprit et le souci de transparence). Les diplômes universitaires des auteurs des recherches des instituts comme l'IEDM servent ici de caution intellectuelle (de vernis, diraient certains) au discours idéologique qu'ils ont pour mission de défendre. A chacun ses dogmes...

(1) Une amie, professeure d'université, s'est récemment prévalue de leur offre pour commander des livres. Livres gratuits, expédition gratuite et trois cartes d'affaires autographiées. Et la plupart de leurs bouquins, exemples de rigueur, débutent à peu près comme-ci : "Si les gens essayaient de comprendre les lois économiques et de les respecter de la même façon qu'ils respectent les lois de la physique, nous vivrions sans doute dans une société plus prospère et plus rationnelle". Ça commence bien...

(2) Centre Canadien des Politiques Alternatives http://www.policyalternatives.ca/publications/mp5.pdf

Envoyé par Tartagnan le 17 novembre 2004 à 02:51 PM

Pour les gens comme Mme Norma, la répétition de mensonges ad nauseam est la seule facon de faire naitre une vérité.

Si les gens de sa trempe pouvait appliquer un peu mieux les beaux principes et regles d'éthique de leurs professions( qu'ils ont forcément eu le temps d'intégrer, peu importe le lieu ou le prix de leurs études) les ignares comme moi pourraient enfin cesser de tout interpréter a la sauce étroitesse d'esprit et ainsi juger une question en tenant compte de l'ensemble du probleme...

Si la hausse des frais de scolarité peut faire en sorte que la qualité et l'intégrité des diplomés du futur nous garantira la disparition des incompétents et maitres de l'obscurantisme tel les Mme Norma, moi j'accepte.

Envoyé par clint le 18 novembre 2004 à 12:47 PM

Mme Norma, j'aurais qq questions pour vous. A propos du choix des mots que vous employé. Je vais reformuler les grandes lignes de votre note, a mon gout. Vous me direz ce que vous en pensez.

Il n'y a pas de relation directe entre le niveau des droits de scolarité et l'accessibilité, a expliqué l'économiste(inchangé)

Norma Kozhaya, a affirmé qu'une augmentation des droits n'augmenterait pas l'accessibilité aux études universitaires, contrairement à l'idée souvent véhiculée par les associations libérales.

De plus, certaines provinces canadiennes qui ont des droits de scolarité beaucoup plus faibles

ont néanmoins un taux de participation inférieur à celui du Québec.

En subventionnant moins l'éducation supérieure de façon généralisée, a plaidé l'économiste de l'IEDM, les contribuables moyens ne se trouveront plus en pratique a financer les hauts salariés de demain. On peut donc se demander s'il est inéquitable que les gens qui ne profitent pas de l'université contribuent a ce point a son financement.

Norma Kozhaya estime par ailleurs qu'une éventuelle baisse des droits de scolarité pourrait être assortie d'une dime adéquate qui ciblerait directement les étudiants à haut revenu. Une telle mesure permettrait de maintenir l'accessibilité pour ceux qui en ont réellement besoin tout en fournissant aux universités le financement nécessaire pour assurer un enseignement et de la recherche de qualité.

Qu'en pensez-vous? Est-ce que l'on ne souleve pas les memes hypotheses? A propos de la relation entre les droits et l'accessibilité...

La différence ne se trouve que dans la direction donnée... Je pose la question, mais je ne veux pas vraiment de réponse de la part de Mme Norma. Qu'elle ne prenne pas la peine de donner suite a ce commentaire. Les mass médias s'en chargeront bien assez vite.

Envoyé par clint le 18 novembre 2004 à 01:52 PM

C'est tres naif et tres gratuit ma suggestion, puisque ca ne m'implique pas directement. Pourquoi les Pierre Dubuc, Paul Cliche, L-P Lauzon, Benoit Perron du Qc ne forment-ils pas un IEDM? (Si ce n'est pas déja fait, j'avoue mon peu de connaissance sur les moyens de la gauche)

J'entend de toutes parts des individus qui semblent proner, dans l'ensemble, avoir les memes discours. Pourquoi n'y a-t-il pas de machines de synthese, qui pourraient y mettre de facon commune toute la mauvaise foi et le poids dont la droite profite? En gros, pourquoi n'utilisons nous pas les memes outils( a notre dimension, bien sur) que la droite(économique, bien sur).

Envoyé par clint le 18 novembre 2004 à 02:01 PM

http://radio-canada.ca/url.asp?/regions/abitibi/nouvelles/200411/17/005-uqat-pauvrete.shtml

Envoyé par Scandaleux le 18 novembre 2004 à 06:47 PM

À Mathieu Laberge, s'il revient par ici! ;-)

Un samedi matin de l'hiver dernier je me suis levé tôt pour prendre mes p'tites pattes et me rendre dans un hôtel où des "universitaires crédibles" de l'IEDM et de l'Institut Fraser (le grand frère) exposait leurs idées à des étudiants du collégiale et universitaires. La journée de "formation" annuelle de la Droite assumée. Effectivement, s'était très... instructif! Et amusant même. Car j'ai été agréablement surpris de voir que bien des jeunes sont très allumés et très critiques vis à vis des idées qu'on tente de leur inculquer. Plusieurs des "formateurs" en étaient visiblement agacés, pour mon plus grand plaisir. Au périodes de questions, les étudiants en désaccord avec le conférencier (les hérétiques! ;-) se faisait plus ou moins habilement couper le sifflet... Entendons nous bien. Que les puissants de ce monde cherche à promouvoir leur intérêts est une chose... mais de grâce jouons franc jeu sacrement! QUI payent l'hôtel et les p'tits dessert (délicieux) qu'on nous sert? Ca ne m'a pas couté une cenne, à part mon samedi ;-)

Et cette prétention à l'"objectivité" et à la "Vérité" sous prétexte de formules économiques et/où mathématiques me fait penser aux curés de l'ère Duplessiste. C'est ce que vous êtes les économistes: les curés de notre époque! Et l'économie de marché est la religion.

Ironiquement, un conférencier qui a vécu en ex-URSS nous a entretenu de la bonne idée de privatiser la santé... Il nous as aussi fait part du malheur de devoir attendre 10 ans avant d'obtenir une voiture à l'époque soviétique! ;-) Quel paradoxe quand je regarde ici les pub de GM dans le métro qui veulent m'enfoncer des chars dans la geule avec une cullière! ;-) l'URSS? Non merci. Mais je me suis permis de remarquer à l'ex-communiste qu'une bonne part de son haut niveau d'éducation a été obtenu grace au système soviétique. Il m'a donné raison, avouant qu'on avait beaucoup investi en éducation à l'époque. C'est pas les Romains qui on dit qu'on peut copier ce qui est bon chez nos ennemis? Qui peut oser affirmer que la cause de l'échec du système soviétique est du à la trop grande instruction de ses habitants? Bon voilà, je pourrais en rajouter mais peut être que j'écris dans le vide...

Envoyé par Dominic Claveau le 22 novembre 2004 à 05:34 PM

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