Fatima Houda Pépin, une musulmane modérée de service

100% d'accord.

Effectivement, les juifs sont intouchables ici.

Quand on pense que le parlement a "blamé" un citoyen pour des propos insignifiants ...(affaire Michau) imaginez leur interdire leurs tribunaux religieux!! Oups! Mais...
qu'est-ce que je viens de faire la moi?!?!? JE VAIS ÊTRE BLAMÉ PAR LE PARLEMENT! et on va me lyncher sur la place publique !

Envoyé par Dominic Claveau le 13 juin 2005 à 01:03 PM

pour ma part, j'ai réussi à faire passer à travers un stalinien contrôle éditorial un certain commentaire dans ce sens-là et en réaction à ce dossier sur le site féministe radical Sisyphe. Aucune réplique n'est venue; être "fat", je croirais presque que j'avais alors mis le doigt sur LE bobo et sur LA faiblesse dans cette croisade. Mais n'empêche, de nouveaux textes contre ces tribunaux islamiques continuent de paraître sur ledit site. Sans qu'ils n'abordent guère vous-savez-quoi, sauf parfois du bout des lèvres. Soulignons néanmoins que le dossier de l'exposition censurée de feu Mme Khazemi (la photographe canado-iranienne torturée et assassinée en Iran) à Côte-Saint-Luc est quand même abordé.

Pensez, c'est tellement plus vendeur et moins risqué, que de ne blâmer que les musulmans...

Thanmirth ("merci" en berbère, une minorité ethnique tellement "respectée" dans certains pays du Maghreb...)

Envoyé par bobo le 13 juin 2005 à 01:44 PM

La motion vise à interdire les tribunaux appliquant la sharia, pas à interdire la foi musulmane. Laisser un droit de cité aux tribunaux musulmans donne un système judiciaire à deux vitesses (i've heard that one before...where?)
L'islam a sérieusement besoin d'être repensé de l'intérieur mais les critiques sont rares. Ce n'est pas aux non-musulmans à faire le travail de réforme mais ils ont droit de critiquer tout de même.

Il est vrai par contre, à la lumière de la motion acceptée en Chambre et de l'article de Lofti, que la pertinence des tribunaux rabbiniques est, au mieux, douteuse.

Envoyé par phonono le 13 juin 2005 à 05:03 PM

Le texte du député Fatima Houda-Pépin se trouve dans les débats de l'Assemblée nationale.

http://www.assnat.qc.ca/fra/37legislature1/debats/journal/ch/050526.htm#_Toc104971754

Envoyé par J.-B. Ferland le 13 juin 2005 à 07:55 PM

L`interdiction vise spécifiquement les "tribunaux islamiques". --tels que proposés, n`est-ce pas?
Citation: "rappelons le contexte de cette revendication. L'idée d'implanter des tribunaux dits islamiques a vu le jour, au Canada, il y a une quinzaine d'années, sous l'impulsion de la Rabita al-Islamya, la Ligue islamique mondiale, une organisation qui a son siège social en Arabie Saoudite. La Ligue islamique mondiale avait financé, en août 1991, une rencontre à Washington, à laquelle ont participé des imams des États-Unis et du Canada, notamment de Montréal, de Toronto, de Mississauga, de London, Ontario, d'Edmonton et de Vancouver. Le thème de cette rencontre: Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis.

Deux axes d'intervention on été définis: d'abord, convaincre les musulmans du Canada de se soustraire aux lois séculières, considérant qu'il n'y a qu'une seule souveraineté, la souveraineté de Dieu. Arafat Al-Ashi, alors directeur de la Ligue islamique mondiale à Toronto, avait affirmé, et je cite: «Aucun musulman ne peut prétendre à ce titre s'il ne peut appliquer cette loi[...], sinon il est considéré comme non croyant.»

Le deuxième axe d'intervention visait le lobbying des élus et des partis politiques afin de susciter leur appui à l'implantation des tribunaux dits islamiques. Le Canada avait été ciblé comme étant le pays où les islamistes estimaient avoir les meilleures chances de mener à bien ce projet à cause des garanties constitutionnelles dont jouissaient les minorités en termes de chartes de droits et de lois sur le multiculturalisme. De plus, si la charia était appliquée au Canada, elle servirait comme un puissant symbole pour décourager les pays musulmans qui cherchent à moderniser leurs codes juridiques. L'un des arguments évoqués par Arafat Al-Ashi touchait les nations autochtones, alléguant qu'ils avaient leurs propres systèmes de justice, alors pourquoi pas les musulmans?"

ETC. DONC, VOIR LA PRÉSENTATION de Mme Houda-Pépin au site référé par Ferland.
Toute sortes de questions demeurent. Dans un Etat où les personnes sont libres et souveraines, et égales (d`ailleurs cerner chacun de ces termes n`est pas si évident), quel est le statut des "opinions" de chacun. Ici, au Canada ou au Québec, est-ce que l`identité du citoyen ou de la citoyenne est premièrement et fondamentalement d`être canadien(ne)ou québecoise(cois) ? Tout le reste devient affaire du privé : vous pouvez penser ce que vous voulez du moment que vous respectez le pacte social tel qu`accepté par tous et tel qu`interprété par tous (c`est ici tout le jeu démocratique : intervenir via les représentants élus pour promouvoir telle ou telle idée...). Le problème c`est qu`au Canada et au Québec on n`a pas encore pleinement instauré ce pacte social puisque des compromis faits dans le passé demeurent encore institutionnalisés et "favorisent certaines personnes qui se sont formées en groupe de pression (j`emploie ce type de langage à dessein ), comme les catholiques, les protestants, les juifs, etc.
De plus, on ne sait trop ce que signifie l`idée que le Canada est multiculturel.En tant que Canada, il y a deux langues, deux héritages culturels officiellement reconnus (avec des modalités quant aux autochtones, modalités qui ne sont pas encore clarifiées): deux façons de vivre la "culture canadienne " (bientôt peut-être la culture québecoise ou une autre, l`albertaine, par exemple). C`est dire que les institutions, Parlement, Charte, Droits, gouvernances, écoles, etc constituent le coeur de la cité afin que tous, égaux, puissent atteindre un bien commun (avec l`espoir que ce bien est défini et cerné par tous). Or, ceci suppose que personne ne soit "dogmatique" au point de se mettre au-dessus des "institutions" communes et que l`éthique de la violence ( ruses, escroqueries, manipulations, mensonges, ou violences physiques) soit le mode de s`imposer. Dans la cité, on tente de former des consensus inspirés par le "fait" que chaque personne est radicalement libre.

C`est ici qu`il y a un paradoxe : toute croyance est en opposition à cette réalité. C`est ce que l`on refuse de discuter ouvertement. Cette affirmation semble être de même nature, diront certains. Dans la mesure où on conçoit qu`une croyance est porteuse d`une vérité indisputable, autorisée par une autorité autre que la personne, reçue de cette autorité et sanctionnée dans un texte dit révélé ou une tradition dite primordiale et incontournable -- et le plus souvent médiatisée par des autorités autoproclamées -- non élues --, on est porteur d`un dogme. Mais telle n`est pas la nature du fait de la souveraineté des personnes : soit que chacun accepte ce fait et vit en conséquence : personne ne peut imposer à une autre personne contre son gré ou acquiescement par des violences son autorité ( d`être, de vivre, de penser, de faire, etc); ce fait n` pas été révélé; n`est pas complètement explicité, n`est pas scellé dans un texte dit éternel et intouchable. Toute personne est en principe en "évolution", ouverte à construire avec d`autres un vivre ensemble. Bible, Thorah, Coran, Vedas, etc. ne sont que des oeuvres littéraires bien contextualisés, à interpréter par quiconque veut bien en extraire la substantifique moëlle selon et selon. Tout texte, toute tradition ( de moeurs ou de lois, etc) est objet d`une réinterprétation par tous. Aucun acquiescement n`a à devenir transcendentalement normatif.

Sinon, on promeut une éthique de la force plutôt que celle de l`échange et de la négociation (laquelle est en constante évolution ou changement).

Application : aucune religion ne peut être normative au point d`interdire de penser ou que l`interprétation soit entre les mains de quelques uns. Au mieux, une religion n`est qu`une opinion que les uns et les autres ont sur certaines valeurs. En un sens, on peut reconnaître que chacun à "sa religion" et qu`ainsi on est tous ouvert à ce qu`elle soit objet de discussion et d`échange.

On s`entend ici pour que les tribunaux de divers types et de champs d`aplication divers s`inspirent de charte et du droit acceptés par tous. Si certains veulent se regrouper et s`entendre pour faire autrement qu`il le fasse à titre privé, entre eux, mais cela ne les retire pas des juridictions pubiques et communes.
Il en est ainsi des écoles : aucune religion ou confession n`y a sa place; ni aucune particularité dite religieuse; toute personne est citoyenne et en tant que telle en recherche de devenir de plus en plus autonome, libre, en recherche des faits et pouvant contribuer selon et selon aux diverses théories ou représentations de ce qui est inconnu encore ou à diverses entreprises de créations et / ou d`inventions.
On peut continuer les types d`application au concret ... Il est certain que l`ensemble des sociétés ne sont pas près de vivre et d`incarner le type d`éthique proposé ici. Et c`est à mon sens malheureux ...

Envoyé par Hermés le 14 juin 2005 à 07:39 AM

La banque mondiale va bientôt financer le système de santé, toutes les religions vont passer dans le tordeur parce qu'ils coûtent trop cher à laisser exister

( on laisses les groupes religieux banaliser notre besoin de continuer de chercher des réponses, alors on deviens en compétition pour les moyens financiers et là les shylock en profites pour choisir à qui ils prêtent, laissant de côté bien des gens qui deviennent fou de peur d'être jamais suffisant:$$$ ça rapportes au spéculateurs puisqu'il y a abondance de gens en panique près à acheter les produits qui leurs promettent la santé)

L'indépendance à n'importe quel prix, le fédéralisme a n'importe quel prix, la culture à n'importe quel prix, l'entrepreneurship à n'importe quel prix, le syndicalisme a n'importe quel prix. Je suis dépendant de la vie, vais-je encourager ceux qui investissent dans mes rêves ou ceux qui assurent que la majorité combattent ceux qui se marginalises avec des rêves, laissant une place pour que j'arrives à l'abondance en même temps que tout le monde?

Je crois pas avoir le temps de trouver un équilibre tout seul, mais mon rôle dans cette collectivité c'est quoi? être en sécurité jusqu'à ma mort ou vivre de l'adrénaline pour oublier ma mort?

S'ils veulent des tribunaux islamiques, ils devront les construire en collaboration de psychologues et d'autres pour avoir une approche multi-disciplinaire, s'ils veulent pas nous faire confiance qu'on peut intégrer leurs cultures à nos techniques de résolution de problèmes, qu'ils disent pourquoi. Sont mieux de se lever de bonne heure, mais ça vaut la peine.

Envoyé par sam le 15 juin 2005 à 02:19 PM

Est-ce que ca se peut que les tribunaux rabbiniques soient tolerés à cause des "droits acquis" ?

Et que pour l'Islam, le refus ne soit qu'une question de mauvais "timing" ?

Je ne parle pas de l'après 9/11, mais plutôt du Qc des dernières années, qui semble être le théatre du dernier acte d'une lutte à finir entre les bien-pensants laics et religieux.

Aussi malhabile et déplacée la demande était, aussi récupérée et provocatrice est la facon dont les gouv./médias traitent son rejet légal.

Fait chier un brin que tout ce cirque n'ait pas au moins su nous faire nous interroger sur le pkoi une frange d'une communauté ne trouvait pas adéquate notre chère laicité. Qui tant qu'à moi ne doute pas suffisamment d'elle même pour pouvoir s'adapter dans l'ensemble à la réalité Qbcoise d'aujourd'hui. Encore moins prétendre à une crédibilité, une autorité morale reconnue de la majorité.

Envoyé par clint le 17 juin 2005 à 01:23 AM

Déclaration sur l'arbitrage religieux en droit de la famille

par une Coalition de groupes divers

À la suite du rapport de Madame Marion Boyd intitulé « Résolution des différents en droit de la famille : pour protéger le choix, pour promouvoir l'inclusion », les organismes suivants se sont unis pour faire entendre leurs objections concernant l'application de toute loi religieuse aux questions familiales en vertu de la Loi sur l'arbitrage de l'Ontario.

Malgré les assurances contraires de Mme Boyd, nous sommes scandalisés par le risque d'érosion des droits à l'égalité garantis dans les articles 15 et 28 de la Charte canadienne des droits et libertés. Nous sommes d'avis que les recommandations de ce rapport sanctionnent l'érosion des droits à l'égalité des femmes, au moyen des lois de l'Ontario. Nous croyons que la Loi sur l'arbitrage n'a jamais été conçue pour répondre aux problèmes familiaux mais qu'elle est plutôt un véhicule pour les disputes commerciales. Même avec les balises proposées par Mme Boyd, le recours à l'arbitrage dans un tel contexte met en péril des décennies de réforme législative égalitaire.

Nos organismes sont d'avis que :

• Les conflits familiaux doivent être décidés par un recours exclusif au droit de la famille, sans égard à la religion, l'origine ethnique ou la culture.

• l'arbitrage religieux ne devrait en aucun cas être permis en matière familiale, ni aucun autre principe qui porterait atteinte aux droits à l'égalité énoncés dans la Charte.

Nous sommes appuyés par une coalition internationale de groupes qui surveillent de près la décision du gouvernement de l'Ontario relativement aux recommandations du rapport Boyd. Ces groupes sont préoccupés par l'érosion possible des droits des femmes au sein de démocraties constitutionnelles, sur la base de justifications d'ordre religieux. Vue à la lumière des dispositions de la Charte canadienne et des instruments internationaux ratifiés par le Canada, comme la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Déclaration sur l'élimination de la violence contre les femmes, ces inquiétudes sont justifiées. Nous exigeons que le gouvernement de l'Ontario respecte l'esprit du droit international des droits de la personne, et qu'il s'assure que les lois et règlements provinciaux ne soient pas en contravention avec ces instruments.

Signé par :

Association nationale femmes et droit (ANFD)/National Association of Women and the Law

Organisation nationale des femmes immigrantes et des femmes appartenant à une minorité visible du Canada (ONFIFMVC)/National Organization of Immigrant and Visible Minority Women of Canada (NOIVMWC)

Metropolitan Action Committee on Violence Against Women and Children (METRAC)

Conseil national des femmes du Canada/National Council of Women of Canada (NCWC)

Droits et démocratie/Rights and Democracy

YWCA de Toronto/YWCA of Toronto

Education Wife Assault

Multicultural Women's Organization of Newfoundland and Labrador

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF)/Canadian Association of Elizabeth Fry Societies (CAEFS)

Conseil national des femmes métisses/Métis National Council of Women

Nelson House of Ottawa Carleton

Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophones (MOFIF)

Le conseil provincial des femmes de l'Ontario/Provincial Council of Women of Ontario

Le Conseil provincial des femmesmdu Québec/Provincial Council of Women of Québec

Fonds d'action et d'éducation juridiques pour les femmes (FAEJ)/Women's Legal Education and Action Fund (LEAF)

Ontario Association of Interval and Transition Houses (OAITH)

Ottawa Rape Crisis Centre

Pictou County Women's Centre

Mouvement contre le viol et l'inceste

Fédération des femmes du Québec (FFQ)

L'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais

Centre International MATCH/MATCH International Centre

Congrès du travail du Canada/Canadian Labour Congress

Ontario Federation of Labour

Le Réseau socioacion des femmes francophones

Maison Interlude/Interlude House

Northwestern Ontario Women's Centre

Centre Victoria pour femmes (Sudbury)

Transition House (Thunder Bay)

L'R des centres de femmes du Québec

Institut canadien de recherches sur les femmes (ICREF)/Canadian Research Institute for the Advancement of Women (CRIAW)

L'Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel (ACCCACS)/Canadian Association of Sexual Assault Centers (CASAC)

L'équipe de La Passerelle

L'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais

Le Centre "Au Coeur des Femmes"

Le Centre "Entre-Femmes"

L'association pour les droits de la femme et le développement (AWID)/ Association for Women's Rights in Development (AWID)

La Marg'elle de St-Rémi

Mouvement contre le viol et l'inceste (MCVI)

Fédération nationale des femmes canadiennes françaises

Fédération canadienne des femmes diplômées des universités (FCFDU) Canadian Federation of University Women (CFUW) Ontario Council

Centre D'Main de Femmes

Réseau socioaction des femmes francophones de l'Est ontarien

Interval House of Ottawa

La Table féministe francophone de concertation provinciale de l'Ontario

Canadian Federation of University Women (CFUW)/la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités (FCFDU)

YWCA Canada


Site de Ontario Women's Justice Network (OWJN)
http://www.owjn.org/issues/mediatio/declaration-f.htm

Le 1er juin 2005

Envoyé par Anonyme le 20 juin 2005 à 01:05 PM

Je suis à 100% d'accord avec monsieur Lotfi. Mais il semble que le principe de la laïcité n'est pas clairement identifiée dans nos chartes des droits constitutionnels. Pour ce qui est d'utiliser une femme musulmane, c'est comme utiliser des femmes comme porte-parole de mouvements anti-féministes, les Québécois francophones contre le renforcement de la culture francophone, les noirs pour dénigrer ses propres pairs, le procédé opportuniste semble vieux comme la civilisation et l'idée de race ou de nations, ou de classes.

Banal mais toujours aussi déprimant

Envoyé par Gélinas le 20 juin 2005 à 10:43 PM

Je suis d'accord avec Lotfi; je rajoute que madame Houda-Pépin a manqué le bateau. Elle aurait dû faire le pont entre les citoyens des communautés musulmanes et les autres communautés du Québec en expliquant en quoi le rapport Boyd est éclairant et COURAGEUX. D'ailleurs, le rapport Boyd n'a presque jamais été bien expliqué ici; on (la presse entre autres)élude les passages qui risquent de nous le faire paraître acceptable ou, à tout le moins discutable. On tait aussi le fait qu'il y est précisé en toutes lettres que le tribunal islamique est assujetti aux lois déjà en vigueur au pays.

Il y a quelques semaines, j'ai lu dans le forum du quotidien français Le Monde cette réplique de Stefool (fonctionnaire ontarien) à Joho (québécois de la ville de Québec) :

« Il faut lire la loi et le projet d'amendement et le rapport Boyd dans le détail. Je retrouverai les liens quand j'aurai un peu de temps.... Il s'agit d'une loi sur l'arbitrage qui n'a rien a voir avec la religion ! et oui elle est utile pour désengorger les tribunaux.

Les deux partis désignent un arbitre d'un commun accord. Ça peut être le grand-père, un ami, le voisin, le parrain de la mafia locale, l'imam , le rabbin du coin. La loi a pour but d'encadrer la procédure.... pas d'autoriser l'instauration de tribunaux islamiques.»

Je termine en disant que j'ai participé, sans le savoir, à des tribunaux islamiques, ici, à Montréal. C'est comme un Conseil de famille. Exemple : un couple d'amis africains avait des problèmes matrimoniaux. On a fait venir un "sage" de Toronto: un universitaire, début trentaine, issu de la même ethnie d'Afrique de l'Ouest. Chacun du couple a exprimé son problème devant le groupe. Le mari a dit qu'il songeait au divorce. Les amis se sont exprimés, d'autres ont simplement écouté. Au bout d'une couple d'heures, le "sage" a donné des conseils à l'homme et d'autres à la femme ainsi qu'à tous les participants. Il nous a assuré de son amitié. Il est reparti vers Toronto. Le couple est toujours ensemble et un autre enfant est né.

J'ai raconté très vite. Le temps me manque. Les conseils étaient judicieux et respectueux de tous. Ils n'étaient pas imposés; chacun conservait son libre-arbitre.

Envoyé par Marie le 21 juin 2005 à 01:06 PM

Le rapport Boyd est disponible en ligne à http://www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca/french/about/pubs/boyd/

Je crois moi aussi qu'il faut le lire pour comprendre à quel point les enjeux en cause sont délicats, toute décision supprimant des libertés religieuses étant assurée d'être portée en Cour suprême.
Il ne s'agit pas de claquer fermement la porte face à un projet. Par exemple, saviez-vous que les tribunaux d'arbitrage existent déjà en Ontario depuis 1991, mais que leurs décisions ne sont pas écrites, et ne peuvent pas être portées en appel? Il est clair que, pour protéger les droits des personnes les plus vulnérables aux pressions, la situation doit être normalisée. Et puis, peut-on revenir en arrière quand le lobby des pères fait des gains depuis vingt ans, avec la complicité de l'État, pour déjudiciariser le droit de la famille et aller vers des ententes "à l'amiable" entre les ex-conjoints, dont le fédéral parle déjà de leur donner le poids d'une ordonnance judiciaire? Est-on conscientE des nombreux points de chevauchement entre la religion et le droit dans nos sociétés, qui ne sauraient se prétendre laïques? Pensons à l'intégrisme des comités thérapeutiques sur l'avortement dans tant de nos hôpitaux, pourtant assujettis aux principes d'universalité de la Loi sur la santé?
L'Assemblée nationale s'est bel et bien mis le doigt dans l'oeil en associant l'intégrisme à l'Islam avec cette résolution bâlée ("tribunaux dits islamiques") alors que d'autres religions et d'autres idéologies pèsent beaucoup plus lourd chez nous dans la suppression des droits des femmes et des jeunes face aux hommes et à leur pouvoir.

Martin Dufresne

Envoyé par martin dufresne le 23 juin 2005 à 03:16 PM

M.D. « le lobby des pères fait des gains depuis vingt ans, avec la complicité de l'État, pour déjudiciariser le droit de la famille et aller vers des ententes "à l'amiable" entre les ex-conjoints, dont le fédéral parle déjà de leur donner le poids d'une ordonnance judiciaire? »

Il n'y a aucun gain là, on voit l'ignorance du sujet. Le CPCQ autorise depuis sa constitution ce qui se nomme «un consentement en jugement» quand les deux parties en présence en viennent à une entente. Leurs avocats en dépose le document qui est entériné si, et seulement si le tout est conforme à la loi et que les 2 parties ont pris connaissance de leur engagment. Bien sûr, certains aimeraient mieux voir un procès litigieux et acerbe sur la garde des enfants, la pension etc. pour donner des preuve à un dogme qui déclare les pères comme les méchants qui font requête par dessus requête pour s'en prendre à leur ex.

C'est assez paradoxal comme discours, quand les pères font des requêtes ils sont les méchants, quand ils n'en font pas et en arrivent à une entente avec leur ex ce sont encore des méchants qui utilisent les gains du «lobby des pères» ! On peut jouer à ce jeu longtemps, par exemple il est facile de dire que certain(e)s utilisent bien les gains du lobby des femmes pour obtenir des salaires.

Désinformation l'allusion aux pseudos «comités thérapeutiques sur l'avortement dans tant de nos hôpitaux». Chaque acte médical doit être bien expliqué, ses conséquences ou compliquations aussi et le patient demeure le seul à pouvoir accepter ou refuser tout traitement lorsqu'il est en pleine connaissance.


M.D. «la suppression des droits des femmes et des jeunes face aux hommes et à leur pouvoir.» Et «les jeunes» incluent-ils le genre masculin ou féminin seulement ?

Toujours la même logorrhée pathétique tirée du Marxisme sur les dangereux pères qui formeraient la classe domainante avec un pouvoir total sur tout ! J'imagine que l'auteur de cette réplique arriverait à voir un complot patriarcal dans une recette de muffins au bleuets...

À quand trois autobus remplies de femmes pour faire du vandalisme et des menaces de morts à Ottawa comme on l'a vue il n'y a pas si longtemps monsieur Dufresne ?


Alain Thomas

Envoyé par Alain Thomas le 26 juin 2005 à 02:19 PM

Ben voyons, quand on parle d'un sujet y faudrait parler de tous les sujets en même temps, vous pensez. C'est comme ceux qui disent qu'on peut pas parler de violence contre les femmes battues sans dire qu'il y a des hommes victimes de violence, battus eux aussi, autrement, on ferait du sexisme à l'envers ou quelque chose cimme ça. Ou ben qu'on peut pas parler des difficultés des mères sans parler de celles des pères, ça serait de la discrimination. Revenons-en. Y a du monde qui voit du racisme partout comme d'autres voient du sexisme.

Ceux qui se sont mis le doigt dans l'oeil sont peut-être pas ceux qu'on pense mais plutôt quelques prétentieux donneurs de leçons qui se pensent des autorités en matière de tout, y compris de l'islam etc. Qu'est-ce que cette histoire M. Lotfi que d'accuser le député Houda-Pépin de vouloir se faire du capital politique pour avoir un ministère? Un peu tiré par les cheveux, votre argument, un peu méprisant et pas bien sérieux. En tout cas, elle doit savoir un peu mieux que la plupart d'entre nous de quoi elle parle, elle est musulmane, et une femme, ce qu'elle redoute, ça concerne d'abord les femmes, si j'ai bien compris. Elle connaît son milieu peut-être mieux que vous M. Lotfi qui êtes du 'bon bord" de la clôture. Je trouve assez risible toutes ces "personnalités" de ce site qui viennent lui donner des leçons. Ha! Ha! Ha! Et je ne suis pas un libéral, ça n'a rien à voir, mais vous me faites bien rire par vos grandes prétentions.

Envoyé par Bonno le 27 juin 2005 à 11:42 PM

Pour ceux et celles que ça intéresse, L'Aut' Journal publie la réponse de Sisyphe et Élaine Audet à ce texte, ainsi que la réplique de Mohamed Lotfi:

http://www.lautjournal.info/default.asp?manchette=170

Envoyé par Bob L'Aboyeur le 05 juillet 2005 à 12:48 PM

L'application de la charia musulmane au droit de la famille est une nécessité dès lors qu'un pays
est habité par un nombre de musulmans permettant son application quotidienne aux seuls musulmans.
Ceci est en pleine conformité avec l'article 10 de la charte des droits et libertés.
Le fonctionnement de la famille musulmane doit
nécessairement respecter les prescriptions du Coran qui sont claires ,nettes et sans parti pris
d'avance.
Je ne comprends pas cette loi Houda-Pépin qui veut empêcher la création de tribunaux réservés aux musulmans.Ceux-ci ne se limitant qu'aux musulmans je ne vois pas en quoi ils peuvent nuire à l'ordre public au Québec.
Le Québec se disant pays libre et laique,les musulmans habitant le Québec peuvent selon leurs choix s'adresser au tribunal civil ou religieux.
Dans ce cas,quel inconvénient à faire légaliser
les tribunaux islamiques?
Exemple:-Le partage des biens
En quoi les tribunaux musulmans gèneraient-ils l'ordre public si tout le monde est consentant
à s'adresser à ce tribunal-là?
C'est la même chose pour le divorce et la garde des enfants.....
Enfin,je trouve injuste envers les musulmans de ce pays de les priver du droit inspiré de leur
religion.

Envoyé par mustapha le 02 février 2006 à 07:24 AM

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