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Deuxième voie du salut utopique: l'âne de l'ana-liste. Et Lacan est au rendez-vous (voir la revue l'Ane et la collection l'Ane d'Or aux Belles Lettres) ! Est-ce que quelqu'un possède les références à deux études, l'une sur l'influence de la musique sur les apprentissages, particulièrement la mémorisation et la concentration, et l'autre sur l'état alpha (?) suscité par un certain type de musique et qui disposerait à la créativité?
J'aurais dû écrire Al-Buisson plutôt que Al-Bush. Évocation de la période du buisson ardent!
Hier soir, discussion entre 7 musulmans sur le thème de la convergence entre les valeurs de l'Islam et celles de la modernité. Dans le cadre de 4 émissions à TVO autour de la thématique "goingglobal" (www.tvo.orf/goingglobal.ca). 6 personnes avaient des positions traditionnelles, c'est à dire fondamentalistes avec plus ou moins de nuances. Questionnés sur ce qu'ils/elles entendaient par les valeurs de la modernité (surtout occidentales) on a évoqué la liberté de religion, la tolérance et d'autres généralités de ce type, mais sans jamais mettre de l'avant la reconnaissance de la personne comme personne souveraine et libre, ni en conséquence la grande révolution dans l'abordage de l'histoire et des sources écrites, à savoir de situer les réalités dans leur contexte propre, à savoir historico-littéraire.
De telle sorte qu' en gros on a une lecture littéraliste et du premier texte et de la première génération des hadiths. Et que dire sur l'influence graduelle que prirent les juges dans la tradition islamique. Etc. Une dame - qui a écrit un livre classé comme virulent par les musulmans - a tenté de rappeller des faits de l'histoire de la civilisation musulmane, à savoir la période de contact étroit avec les traditions grecques en art, en mathématiques, dans les sciences et en philosophie, en médecine, ce qui a préparé la première révolution philosophique, qui était plutôt une révolution au sein des théologies, au seuil et pendant la période nommée Moyen-âge, mais qui a aussi vu l'introduction des sciences en Occident, puis qui a eu une influence profonde sur la Renaissance et les libertés que l'on se donnait.
Il faut que je revisite mon histoire, mais c'est une période éclatante. Il y a deux petits livres dans la collection GF-Flammarion d'une richesse inouïe sur deux grands penseurs de cette époqueÝ: Avérais et Thomas d'Aquin. L'un est un traité, version bilingue, Contre Averroès, l'autre porte sur l'intelligence et la pensée (Averroès). Mais les intros et les notes sont rédigées par le plus grand spécialiste de cette période et on n'a pas lésiné. Les deux volumes sont en format poche. Disons ceciÝ: Averroès fait un commentaire sur le De anima d'Aristote: Alain de Libera (trad. et intro et notes) souligne qu'il s'agit de l'interprétation classique du texte fondateur de la psychologie et l'oeuvre la plus discutée au Moyen-âge. On retrouve au coeur de la grande querelle le passage de la philosophie grecque en Occident via l'Islam averroiste.
Le débat a pris des allures d'affrontements, parfois, et d'incompréhension à d'autres moments. On est très loin d'une distance critique. Mais il n'y a pas que l'Islam - les Islams - il y a aussi les autres religions qui sont aux prises avec une repensée qui intégrerait ce qu'inaugurent Darwin, Freud, Saussure, Einstein ainsi que la dernière tranche des traditions philosophiques. Plus encore, on ne semble pas réaliser que c'est en France que l'émancipation du citoyen-individu prend une forme concrète et tente de s'incarner dans des rites sociaux ou civiques. Que c'est à partir de là que s'amorce la longue recherche d'un modus vivendi des droits et devoirs de la personne. Il n'est pas simple de réfléchir aux valeurs immanentes à cette grande déclaration, car à la limite elles mettent en cause toutes formes d'autorité qui n'émanent pas des personnes réunies volontairement dans un pacte social.
Les enfants pauvres ont plus d'occasions forcément d'être plus ignorants et incultes, donc aptes à être manipulé par les grandes médiations qui opiumatisent les masses. Il faut à tout prix contrer cette pauvreté (il ya tout un effort pour s'assurer que les enfants sur les bancs d'école sont nourris adéquatement).
J'ai été bouleversé par l'interview chez madame Bazzo (elle n'aimera pas) de l'auteur de Stop. Décapage déchirant des illusions quant à l'état de la biosphère.
Trouver tous les moyens possibles pour impliquer les jeunes (16-25 ans) dans la vie socialeÝ: une révolution au plan de l'accès aux loisirs et aux arts (dangers des effets des drogues et de l'alcool sur la vie mentale (comme diraient les boys)) et une autre pour les engager dans la vie politique malgré le désenchantement qui est très répandu - par exemple, on vote peu - en réalité, le taux de participation devrait être plus élevé (je vais obtenir les chiffres). On encourage via la pub les jeunes de s'habiller selon et selon, chez Gap ou machin truc, avec Nike et autre. Mais habiller leur bouche, leur cerveau, chez Rabelais, Cervantès, Molière, Shakespeare, etc., mais y penserait-on!
Tous les jeunes hommes de fin secondaire, au moins et de Cégep devrait avoir l'occasion de travailler et avoir un engagement social rémunéré.
Accent sur la créativité. Un exemple que je ne développerai pas au long. Quatre volumes à lire pendant l'année scolaire. Style de questionsÝ: quel est le nom du chien du Jardinier de X dans L'avalée des avalées. La quasi-totalité des questions de ce genre. Par contre, le prof était super compétent. La question se poseÝ: comment dans une même année favoriser l'immersion dans quatre univers différentsÝ: L'Amélanchier, L'Avalée des avalées, La promesse de l'aube et l'Étranger, tous superbes choix. Le défi est de taille. Est-ce que les enseignants pédagogues se réunissent pour s'entraider et relever ce défi? En ont-ils le temps? Ont-ils la passion? Et on dit qu'il y a une désaffectation quant à la lecture! Le ministère de la Culture prend-t-il le tournant de l'industrielture!
Israël et PalestineÝ: le plan de Genève. Au-delà des réflexes ethniques, les cerveaux se sont élevés pour repenser la quadrature du carré. Du camp David, à Taba(2001), à la feuille de route (2002) (1 et 2) au sommet d'Akalat (Juin 2003), à Genève. Un objectif de fond, la paix; même chose qu'Oslo (13 septembre 1993). Mais les ultras aux cerveaux figés sur la lettre du texte et du fantasme regimbent et ripostent. La résistance prend la 1ère formeÝ: Ariel Sharon évoque le complot et cible la gauche. Il se rabat alors sur ce qu'il avait dénoncé, la feuille de route. Le mouvement des colons et l'aile dure du Likoud, aussi. Le délire s'étendÝ: un député de la coalition gouvernementale a prôné la peine de mort ou la prison à vie pour les auteurs israéliens. Qui donc est antisémite ici? Le parti ultra-laïc Shinoui, une part des travaillistes, (sont-ce les nostalgiques d'antant allié à Sharon -- oui, dit le Monde). Du côté palestinien, soutien d'Arafat F. Kaddoumi, chef d'un département politique juge marginal le doc. Quant aux factions islamistes radicales ne peuvent accepter ouvertement, en d'autres mots se contredirent. Et Washington, a-t-elle changé d'avis apr' es sa première réaction déclarant la proposition inutile. L'ONU de M. Annan: soutien clair et net.
Répandre une suggestion venant du Groupe Paroles, mais l'adapter iciÝ: un jour férié pour la paix. Suggestions?
Deux scientifiques présentent un plaidoyer pour une science plus modeste et plus humaine. Olivier Rey, Itinéraire de l'égarement. Du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine. Seuil, 329 p.
François Lurçat, De la science à l'ignorance, ed. du Rocher, 231 p. Et Dominique Lecourt prône une éthique préventive dans Humain, posthumain, éd. PUF, 148 p. Les deux ouvrages de scientifiques refontÝà grands traits l'histoire des sciences, surtout l'esprit qui les anime. Déjà Michel Serres a consacré une grande part de sa vie à créer des ponts entre science et humanisme. Un exemple concretÝ: ´ÝJouvences sur Jules VernesªÝ: tout l'univers mytho-science transparaît. Que dire de la ´ÝNaissance de la physiqueݪ, du ´ÝContrat naturelݪ ou des ´ÝOrigines de la géométrieݪ et pour les sciences humainesÝ: ´ÝLe parasiteݪ.
Pour ceux et celles qui aiment la philo : Les éditions Boréal dans la collection Petite bibliothèque de Joamn Sfar publie Le Banquet de Platon -- avec des illustrations style bandes dessinées - livre hors genreÝ: une note, la première: Il en est de la philo comme des apéritifs corsés. Ça se sirote par petites gorgées, en prenant son temps. Et, en passant, la philosophie n'est pas un moyen, ni un outil a fortiori. C'est dans le dialogue et l'oralité que la philo est vivante. Autre pensée: plus l'auteur est ancien, plus il est alcoolisé, plus on doit le lire lentement. Voir les notes à la finÝ: ça révolutionnerait tout l'enseignement de la philo!
Et si la philo, c'était l'amour!
Publié par Hermès le 02 décembre 2003 à 11:58 AM
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