Pour une Société Protectrice des Mascottes?

Il y a beaucoup d'oppression et d'injustice en ce monde. Même durant la période des Fêtes, les bulletins de nouvelles continuent de rapporter les drames qui affligent nos contemporains, quoique teintés d'une petite touche de "magie des fêtes". Hier, la plupart des médias reprenaient en coeur l'histoire de cette mascotte de Nez Rouge qui a été rudoyée selon certains, tabassée selon d'autres, lors d'un party de policiers à Trois-Rivières, ce qui laisse sous-entendre que ce sont des policiers qui ont violenté la pauvre mascotte. Événement isolé ou symptôme du niveau de cynisme de la société?

L'année 2003 aura été des plus éprouvante pour les mascottes. Leur association réclamait cet été le retrait des publicités de Bell Canada sous le thème de "Job Poche", campagne publicitaire mettant en vedette des mascottes violentées par des jeunes. L'association affirmait que ces messages publicitaires influençaient de façon prononcée l'agressivité des gens envers les mascottes, et que les agressions envers ses membres, heureusement rembourrés pour la plupart, augmentaient en flèche. La campagne a d'ailleurs été retirée suite aux pressions.

Plusieurs personnes pensent, à tort, que les mascottes sont bien rembourrées pour faire face aux coups. Dans un souci d'économie, la bourrure de plusieurs de ces costumes est de mauvaise qualité. Selon certains témoignages, on a vu des costumes rembourrés avec de l'isolant rose fiberglass et même, il y a plusieurs années, des costumes rembourrés à la MIUF.

En entrevue sur les ondes de TQS hier, Pierre Deschênes, le directeur de l'école des mascottes (et oui, il y a une école des mascottes), nous informait que la plupart du temps, ce ne sont pas les jeunes qui se défoulent sur ces adorables créatures, mais bien les adultes qui "agressent" les mascottes, en leur donnant des coups de pieds au cul, en leur tirant la queue, en leur pognant l'entrejambe pour connaître leur sexe, etc.

Sous le couvert de l'anonymat, cette mascotte nous a confié que son costume n'était pas lavé assez souvent, et qu'en plus de dégager une odeur nauséabonde qui incommode ses quarts de travail, c'est la troisième fois cette année qu'il attrappe des champignons. En ajoutant la hausse des agressions, les conditions de travail des mascottes sont si mauvaises qu'on se demande ce qui peut motiver quelqu'un à devenir mascotte en ces temps troubles, si ce n'est l'appât du gain.

On sait en effet que parmi les mascottes célèbres, certaines ont pu se hisser à des postes de pouvoir importants grâce à leur notoriété publique. On n'a qu'à penser à Youppi, cette sympathique mascotte orange des Expos, qui, incognito, en dehors de son costume, se faisait appeler Roger D. Landry et occupait la fonction d'éditeur en chef du journal La Presse. À Stockwell Day qui troquait son wet-suit pour incarner Barney le dinosaure. Ou encore à Patapouf, la mascotte du Patronat, qui a même réussi à devenir Premier Ministre du Québec!

L'association des Pères Noël a refusé de commenter la rumeur selon laquelle la mascotte jouflue et cramoisie de Coca-Cola, omniprésente durant le temps des Fêtes, songerait à profiter de cette visibilité médiatique afin d'organiser un syndicat des mascottes pour remédier aux abus dont sont quotidiennement victimes ses confrères et consoeurs. Toujours selon les rumeurs, Patou ou le Bonhomme Carnaval seraient disposés à devenir porte-parole pour ce nouveau syndicat, qui fera du lobbying auprès du gouvernement afin de faire valoir les droits de ses membres. C'est un dossier à suivre...

Publié par Bob L'Aboyeur le 24 décembre 2003 à 04:57 PM TrackBack Commentaires (5)