Vers une réforme de l'aide sociale

Il y a à peine quelques jours, le gouvernement de Jean Charest annonçait de nouvelles coupures à l'égard des prestataires de l'aide sociale.

Pour plusieurs, c'est considérée une très bonne chose, mais le hic, c'est qu'il existe toujours des préjugés tenaces envers les assistés sociaux de la part de la population.

C'est vrai qu'il y a des assistés sociaux qui profitent du système, mais il ne faut surtout pas généraliser, lorsque l'on regarde ce qui se passe présentement.

On a qu'à penser aux différents changements proposés par différents ministères provenant du fédéral et du provincial qui confirment que lorsqu'un programme gouvernemental devient trop coûteux, on le transfère ailleurs.

Le meilleur exemple de cette situation c'est la réforme de l'assurance emploi dans le milieu des années 1990 (qui avait pour but de diminuer le déficit), a eu pour effet que seulement 4 chômeurs sur 10 peuvent désormais bénéficier de l'assurance emploi, tandis que les autres doivent se tourner vers l'aide sociale. Pourtant, il existe actuellement dans la caisse d'assurance emploi un surplus de 45 milliards $.

Les autres provinces ont appris du fédéral et font désormais la même chose. Au Québec, la Régie des rentes du Québec projette de "transférer" les personnes invalides de 60 à 64 ans vers les compagnies d'assurance privées et collectives, mais si la personne invalide n'est pas assurée (puisque ce ne sont pas tous les employeurs qui offrent des régimes d'assurances collectives à leurs employés, et que les employés qui ne gagnent que le salaire minimum n'ont pas nécessairement les capacités financières de se payer une assurance privée), alors elle devra alors se tourner vraisemblablement vers l'aide sociale ou prendre une retraite prématurée sans nécessairement avoir les capacités financières à la prendre, tout cela dans l'unique souci d'épargner des sommes importantes à la RRQ, si la réforme proposée est adoptée.

Ce qui aura comme effet une fois de plus à grossir les rangs des assistés sociaux.

Solutions envisagées

Certains seront alors tenter à encourager les assistés sociaux aptes au travail à faire du bénévolat dans les centres communautaires, ou suivre des cours de formation, etc en échange de leur chèque, mais est-ce vraiment des solutions envisageables?

Le milieu communautaire sera-t-il intéressé à prendre des bénévoles afin de justifier les chèques d'aide sociale? Je ne le crois pas vraiment, puisque le milieu communautaire a pour but à rechercher des moyens pour aider les gens qui vivent dans la misère et trouver des moyens à lutter contre des injustices, et en acceptant de prendre ces bénévoles "sous leurs ailes" pourrait constituer à leurs yeux en une forme de "cheap labor", ce qui irait à l'encontre de leurs vocations.

Tandis que les cours de formation pourraient constituer un atout pour les gens qui veulent vraiment s'en sortir, mais faudra-t-il encore que cette formation soit adaptée aux besoins du marché du travail actuel et futur.

Quoi qu'il en soit, à chaque fois que l'on parlera des réformes d'aide sociale ou d'assistés sociaux dans les médias, on aura droit de la part d'une bonne partie de la population à une attaque en règle contre les bénéficiaires de l'aide sociale.

Le plus pathétique dans toute cette histoire, c'est que le gouvernement s'acharne à récupérer des sommes d'argent sur le dos des plus démunis, alors que plusieurs grosses compagnies ne paient pas ou peu d'impôts grâce aux mesures adoptées par les parlementaires.

Publié par Lawrence le 25 septembre 2004 à 04:04 PM TrackBack Commentaires (91)