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Patrick Bourgeois…. Non, je ne vous parle pas de l’ex-chanteur des BB, mais bien de l’autre, beaucoup moins connu, mais qui petit à petit se construit une sorte d’empire de convergence médiatique. Il est à la tête du Journal Le Québécois, de la maison d’édition Le Québécois, du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ), de la web-radio Québec-Radio, le forum Internet Le Québécois, qui fait office de lieu virtuel de discussion à propos de tout ce qui le concerne, et j’en passe… Tous des organes de diffusion indépendantistes ayant pour objectif de faire la promotion de l’indépendance du Québec et de répondre à ce que Patrick Bourgeois considère être la « propagande fédéraliste ».
On a un peu entendu parler de Patrick Bourgeois au cours des dernières semaines. En effet, ce chevalier de la libération du Québec se veut aussi auteur et a publié quelques bouquins au sein de sa propre maison d’édition. Le dernier, intitulé Quebec bashing, morceaux d'anthologie : Du Lac Meech à la délirante Jan Wong! a bénéficié d’une certaine visibilité, notamment lors d’une récente émission de Christiane Charrette sur les ondes de la première chaîne de Radio-Canada. L’objet de cet ouvrage, comme on peut s’en douter, consiste essentiellement à recenser et à dénoncer les propos anti-québécois véhiculés par divers médias canadiens.
À titre de « journaliste » au sein de son journal Le Québécois, Patrick Bourgeois a encore fait parler de lui au cours des dernières semaines pour avoir mis au jour une entente de partenariat, jusque-là inconnue du grand public entre La Presse et Radio-Canada entre 2001 et 2003.
Patrick Bourgeois et ses comparses du RRQ se présentent ainsi comme des redresseurs de torts. Il se veut « journaliste » et « analyste » pour qui l’honnêteté intellectuelle et la rectitude des faits seraient des valeurs fondamentales qui feraient défaut au sein des médias « fédéralistes ». Le journal Le Québécois se présente d’ailleurs comme « l’un des principaux phares du monde des médias alternatifs au Québec, médias si essentiels à la liberté de presse et à la démocratie. »
Peu importe le club politique auquel on appartient, on devrait applaudir ce genre d’initiative. En effet, que des individus motivés par la recherche d’alternatives prennent les moyens à leur disposition, notamment le réseau Internet, afin de promouvoir leurs points de vues cela ne peut être que sain pour la liberté de presse et la démocratie. Qu’on soit d’accord ou non avec eux, c’est une autre histoire…
Malheureusement, j’ai pu constater au cours des dernières semaines que malgré les valeurs de démocratie et de liberté d’expression que Patrick Bourgeois aime bien afficher au grand jour, lui et ses camarades de lutte sont résolument prêts à agir de manière tout à fait contraire à leurs idéaux et n’hésitent d’aucune manière à falsifier des faits, à saboter les propos de leurs détracteurs par des tactiques d’une malhonnêteté sans limites, si tant est que le principe de « limite » puisse signifier quelque chose au sein de leur organisation.
Relatons les faits. À titre de chroniqueur au Journal BangBang, je signais au cours des plus récents numéros deux chroniques qui écorchaient au passage Patrick Bourgeois et le RRQ.
Dans un premier temps, je me moquais du Réseau de Résistance du Québécois, sorte de club politique où on encourage les jeunes et les moins jeunes « résister » et à « militer » afin de « libérer » le Québec de l’emprise colonialiste fédéraliste, notamment en organisant des événements afin de promouvoir la souveraineté, en faisant des graffitis ou en posant des affiches… Dans ce cas particulier, je m’en prenais à leur vision du 400e anniversaire de Québec qui devrait, selon eux, être l’unique célébration des unilingues francophones, Québécois de souche, souhaitant que Québec devienne la capitale d’un pays souverain… J’y voyais là une curieuse interprétation de l’histoire qui méritait bien quelques moqueries.
Dans une seconde chronique, je me moquais de Patrick Bourgeois qui sévit quelquefois sur les ondes du 98.5 FM en compagnie de Gilles Proulx. Cette fois, je m’en prenais au parallèle qu’il propose afin d’illustrer les accommodements raisonnables, à savoir que la ceinture fléchée serait l’équivalent d’un hijab ou que le sirop d’érable et les oreilles de christ seraient l’équivalent de la viande halal... Un tel parallèle illustrait selon moi une désolante méconnaissance des phénomènes religieux et de la liberté de religion qui sont au cœur du débat qui a mené à la commission Bouchard-Taylor.
À vouloir brasser de la marde, on ne s’étonne pas d’en recevoir au visage. De fait, ces deux chroniques ont été l’élément déclencheur de discussions sur le forum du Québécois, interface gérée par Patrick Bourgeois et partie prenante de son journal et de sa maison d’édition. Comme on peut s’y attendre, on m’y a traité de tous les noms. Patrick Bourgeois, avec l’élégance qu’on lui connaît, y a même été d’un billet sur son blogue au titre sans équivoque : « Simon Jodoin, quel con! »… Toujours un peu rustre, il me menaçait même, sur son forum, de me mettre son poing dans la gueule… Jusque-là, tout va bien. Je ne suis pas du genre à pleurnicher à la première insulte et, étant donné le style parfois vociférateur de ma chronique au BangBang, je m’attends bien à me faire crier des noms d’oiseaux… It’s the name of the game…
Toujours est-il que, amateur de polémique comme je le suis, je me suis inscrit à ce forum du Québécois, question de me joindre aux houleuses discussions concernant mes chroniques. La première, en mai 2008, portait ainsi sur le 400e de Québec et la seconde, qui a pris fin la semaine dernière, sur mes moqueries envers Patrick Bourgeois à propos de sa compréhension des accommodements raisonnables. Houleuses, je vous dis, et le mot est faible. L’insulte pure et simple semble être l’argument de choix pour les membres du RRQ et ceux qui fréquentent les diverses ramifications des entreprises de Patrick Bourgeois…
Dans les deux cas, après quelques pages de discussions virtuelles, la conversation a été verrouillée par Patrick Bourgeois, sans doute soucieux de me fermer le clapet. Pour les néophytes, un administrateur d’un forum peut verrouiller une discussion, c'est-à-dire que plus rien ne peut y être ajouté.
Tout cela est d’une banalité sans nom… Un autre épisode de polémique sur le réseau Internet comme on en voit des milliers tous les jours. Ce n’est même pas une histoire… À peine une anecdote…
Ce qui n’est pas banal, cependant, c’est que suite à la fermeture de ces discussions sur le forum des éditions et du journal Le Québécois, les administrateurs, dont Patrick Bourgeois est le grand manitou, ont purement et simplement modifié mes interventions. On a ajouté des dizaines de fautes d’orthographe grossières et des inepties d’une bassesse déconcertante.
Quelques exemples :
J’écrivais dans mon texte original :
« si, au lieu de m'enfoncer dans la gorge une position que vous aimez ne pas aimer, vous preniez le temps de sortir de la caverne, où les ombres sur les murs sont en noir et blanc, pour saisir toute la subtilité de couleurs (…)»
On a modifié ainsi (c’est moi qui souligne) :
« si, au lieu de m'enfoncer dans la gorge une position que vous aimer ne pas aimer, vous preniez le temps de sortir de la caverne où vivent les indépendantistes, ces racistes obtus (…) »
Un autre exemple, je terminais une intervention ainsi :
« Sortir de la caverne, quoi... »
Et on a modifié ainsi (c’est encore moi qui souligne) :
« Sortir de la caverne des séparatistes racistes, quoi... »Un dernier exemple (il y en a des dizaines…)
Je terminais une intervention en écrivant à Patrick Bourgeois :
« Au plaisir. »
On a modifié :
« Au plaisir, sale régioneux raciste. »
Voilà… Amusant non ? Ces militants de super marché, à défaut d’avoir des ennemis réels dans leur guerre imaginaire, sont capables d’en créer… Vous deviendrez ainsi, suite à leurs opérations d’alchimie numérique, un grossier embouché analphabète pour qui tous les « séparatistes » et les « régioneux » sont des « racistes »…
Je vous jure… ça ne s’invente pas!
Le lecteur attentif se demandera comment il m’est possible de démontrer que Patrick Bourgeois et ses comparses ont bel et bien falsifié et saboté mes interventions. C’est une excellente question et c’est ce formidable outil nommé Google qui nous permettra de s’en rendre compte… En effet, Google archive les pages web sous forme de « cache »… À peu près tout ce qui est publié sur le web est à un moment ou à un autre « caché » par Google… Il suffit donc de faire une recherche à partir de mots clés sur cet engin de recherche pour retrouver la discussion telle qu’elle apparaissait avant les modifications.
Ainsi, vous pouvez lire la discussion originale ici, telle qu’archivée par Google *
Et la version modifiée par les révolutionnaires du dimanche du RRQ ici **
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Voilà voilà voilà… Un autre épisode de ma vie virtuelle… Comme je l’écrivais, sur le fond, c’est assez banal… Les diverses prises de bec sur le réseau Internet ne méritent certainement pas toutes d’être relatées. Mais ce qui devrait ici attirer l’attention, c’est le fait que des « journalistes » tels que Patrick Bourgeois, ainsi que les quelques apôtres militants qui marchent à sa suite, s’ils sont prompts à rejeter en bloc tout ce qui sort de la Presse, de « Radio-Cadenas » (sic), sont prêt à faire bien pire… Que je sache, on ne modifie pas les propos de ceux qui téléphonent à Maisonneuve en Direct ou qui écrivent sur le blogue de Patrick Lagacé… Alors qu’ils montent aux barricades pour dénicher toutes les falsifications de l’histoire et les divers complots auxquels se livreraient éventuellement les « fédéralistes colonialistes ennemis de la nation », ils n’hésitent pas, tout en se drapant dans un idéal de démocratie et de la liberté de la presse alternative, à commettre du sabotage crapuleux dans le seul et unique but d’avoir raison.
En terminant, ce qui est plus important encore, c’est la remise en question de la crédibilité même de Patrick Bourgeois. S’il peut manipuler ainsi les propos de ses détracteurs, où se trouve pour lui la limite ? A-t-il ainsi modifié les faits dans ses bouquins ? Lorsqu’il fait état de ses recherches sur l’entente La Presse / Radio-Canada, est-ce qu’il lui arrive aussi d’ajouter des sornettes et de falsifier les conversations qu’il rapporte ? Et s’il répond non à toutes ces questions, est-ce une réponse réelle ou virtuelle ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Patrick Bourgeois dans les rangs, le mouvement souverainiste n’a pas besoin de bashing pour nuire à sa crédibilité…
On ne peut que s’inquiéter du fait que ceux qui utilisent le label « alternatif » afin de porter le masque de la crédibilité, de la liberté d’opinion et de l’honnêteté puissent se livrer à ce genre d’action, ce qui est une tare pour tous les autres qui cherchent réellement des alternatives. Aussi, et de manière plus importante encore, à titre d’éditeur, en agissant de la sorte, Patrick Bourgeois entraîne dans le discrédit l’ensemble des auteurs qui rédigent des articles au sein de son journal, que ce soit Pierre Falardeau, Claude Jasmin, ou encore Yves Beauchemin et Jacques Parizeau… Le titre d’éditeur – et aussi celui de journaliste - n’est pas simplement un beau chapeau qu’on peut porter les soirs de gala, c’est un rôle essentiel qui s’accompagne de responsabilités... De toute évidence, Patrick Bourgeois aime voyager léger et ne semble pas s’embarrasser des qualités inhérentes à ses prétentions.
* Le cache de google n'étant pas éternel, il s'agit d'une version archivée sur mon serveur.
** Le forum du Québécois ayant été modifié depuis la rédaction, il s'agit d'une version archivée sur mon serveur.
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