Centres-villes : vacance commerciale record, le commerce de proximité au cœur des municipales 2026

Les Français aiment leur centre-ville, mais celui-ci se vide un peu plus chaque année. Selon le baromètre Codata 2026 de la Confédération des Commerçants de France, le taux de vacance commerciale en centre-ville atteint 11,7 % en 2025, contre 10,8 % un an plus tôt — un nouveau record qui relance le débat sur l’avenir du commerce de proximité à quelques mois des municipales de 2026.

Un attachement fort, mais une vacance qui progresse

Le paradoxe est net. D’un côté, 67 % des Français se disent attachés à leur centre-ville, en hausse de 3 points sur un an, selon une enquête relayée par les chambres de commerce et d’industrie. De l’autre, la vacance commerciale poursuit sa progression structurelle depuis trois ans, portée par la concurrence du e-commerce, l’essor de la seconde main et la hausse des charges pour les commerçants indépendants.

  • Vacance commerciale en centre-ville : 11,7 % en 2025, +0,9 point sur un an (Codata 2026).
  • 67 % des Français attachés à leur centre-ville, +3 points sur un an.
  • Emploi dans le commerce et la restauration : +26 % entre 2006 et 2024, soit plus de 606 000 créations nettes de postes.

Ce décalage entre attachement affectif et réalité économique nourrit l’inquiétude des élus locaux, alors que les services de proximité restent un point de repère quotidien pour les habitants, en particulier dans les villes moyennes et les zones rurales.

Le commerce de proximité, thème central des municipales 2026

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la question du commerce local s’invite dans les programmes. Selon les enquêtes d’opinion menées auprès des Français, 66 % jugent la revitalisation du centre-ville prioritaire pour leur commune, et la dynamisation du commerce de proximité arrive en tête des attentes citées (28 %), devant la sécurité (27 %) et le stationnement (21 %). Un signal fort pour les candidats, qui devront présenter des engagements concrets sur le sujet.

Du côté des professionnels eux-mêmes, le ton est plus réservé : une enquête menée en février 2026 auprès de commerçants, hôteliers et restaurateurs montre qu’une large part d’entre eux ne se sent pas suffisamment entendue par les équipes municipales sortantes, un enjeu qui pourrait peser sur le scrutin dans de nombreuses communes.

43 propositions parlementaires et 100 millions d’euros mobilisés

Face à ce constat, une mission d’information de l’Assemblée nationale a présenté, le 8 juillet 2026, un rapport formulant 43 propositions pour lutter contre la désertification des centres-villes et des villages. Parmi les pistes évoquées : simplifier les démarches d’installation pour les commerçants, mieux encadrer la vacance des locaux et faciliter la transmission des fonds de commerce dans les territoires fragiles.

Sur le plan financier, la Banque des Territoires prévoit de mobiliser 100 millions d’euros supplémentaires en 2026 pour racheter, réhabiliter et remettre sur le marché des locaux commerciaux vacants, ainsi que pour créer de nouvelles foncières locales dédiées au tissu économique de proximité. Une enveloppe de 20 millions d’euros doit par ailleurs financer et pérenniser des postes de managers de commerce, chargés d’épauler les élus dans l’élaboration d’une stratégie commerciale locale.

Des villes qui inversent déjà la tendance

Malgré la progression nationale de la vacance, plusieurs communes moyennes affichent des résultats inverses, preuve qu’une politique locale volontariste peut agir sur le terrain des locaux commerciaux :

  • Saint-Dizier : -7 points de vacance commerciale en un an.
  • Cavaillon : -6 points.
  • Guéret : -5,3 points.
  • Gap : -4,1 points.

Ces exemples, souvent portés par des managers de commerce et des aides ciblées à la rénovation des devantures, dessinent une méthode que les futurs élus pourraient être tentés de reproduire.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le taux de vacance commerciale ?

C’est la part des locaux commerciaux inoccupés dans un centre-ville, rapportée au nombre total de cellules commerciales. Il sert d’indicateur de la santé économique et de l’attractivité d’une commune.

Pourquoi la vacance commerciale augmente-t-elle malgré l’attachement des Français à leur centre-ville ?

Les Français restent attachés au cadre de vie et au lien social qu’offre un centre-ville animé, mais leurs habitudes d’achat évoluent vers le e-commerce et la seconde main, ce qui fragilise économiquement les commerces physiques, notamment indépendants.

Quelles aides existent pour les commerçants de proximité en 2026 ?

L’État et la Banque des Territoires financent notamment le rachat et la réhabilitation de locaux vacants, la création de foncières commerciales locales et des postes de managers de commerce dans les territoires les plus fragiles.

Sources

Assemblée nationale — Mission d’information sur l’avenir des commerces de proximité
Confédération des Commerçants de France — Codata Digest 2026
Direction générale des Entreprises — Neuf mesures pour redynamiser les centres-villes