Déconnexion et vacances lentes : le nouvel art de voyager des Français

Cet été, un nombre croissant de Français cherchent moins à cocher des destinations qu’à ralentir vraiment. Une étude commandée par le loueur de bateaux fluviaux Riverly et relayée le 23 juillet 2026 par Presse Agence montre que 28 % des vacanciers jugent que les écrans ont pesé sur leurs derniers séjours. Ce chiffre, en apparence minoritaire, cache une tendance de fond confirmée par plusieurs études indépendantes sur l’art de voyager en France.

Un besoin de déconnexion qui structure les choix de vacances

Parmi les personnes gênées par leurs écrans en vacances, 68 % disent vouloir se déconnecter davantage lors de leur prochain séjour. Les motivations qui reviennent le plus souvent : 41 % recherchent avant tout la nature et le calme, 35 % privilégient le temps passé avec leurs proches, et 27 % veulent simplement rompre avec leur routine quotidienne. Signe que cette aspiration ne relève pas du seul fantasme, 81 % des personnes interrogées estiment possible de se ressourcer sans quitter le territoire français, et 72 % voient dans la navigation fluviale une manière concrète de « décrocher ».

Cette envie de vacances lentes s’inscrit dans un mouvement plus large. Selon une étude Ipsos menée à l’échelle européenne, 77 % des Européens interrogés déclarent vouloir ralentir le rythme de leur vie quotidienne. La France se situe déjà au-dessus de la moyenne sur le passage à l’acte : 31 % des Français disent avoir effectivement ralenti leur rythme de vie, contre seulement 18 % des Italiens. Un paradoxe demeure toutefois : les mêmes sondés estiment qu’il leur faudrait une journée de près de 28 heures pour tout concilier, preuve que l’intention précède encore largement la pratique.

Le temps d’écran, premier frein à la coupure

Ce paradoxe s’explique en partie par des habitudes numériques tenaces. En 2025, le temps passé quotidiennement devant un écran, tous supports confondus, atteignait en moyenne 7 heures et 4 minutes. Mais la vigilance progresse : 67 % des utilisateurs surveillaient déjà leur temps d’écran l’an dernier, contre 43 % deux ans plus tôt, et les téléchargements d’applications dédiées au bien-être numérique ont bondi de 156 % sur la période. Le sevrage reste difficile, mais l’outil pour le mesurer s’est largement démocratisé.

  • 28 % des vacanciers jugent que les écrans ont nui à leurs derniers séjours (étude Riverly, juillet 2026)
  • 68 % d’entre eux veulent se déconnecter davantage à l’avenir
  • 77 % des Européens souhaitent ralentir leur rythme de vie (Ipsos)
  • 31 % des Français disent avoir déjà ralenti, contre 18 % des Italiens
  • +156 % de téléchargements d’applications de bien-être numérique en deux ans

Des vacances qui se réinventent autour de la lenteur

Sur le terrain, cette demande se traduit par un regain d’intérêt pour des formats de voyage au rythme plus lent : randonnée itinérante, séjours à la ferme, croisières fluviales ou simples escapades sans horaires imposés. Ces formules ont un point commun : elles imposent, par leur nature même, une forme de déconnexion que les vacanciers peinent souvent à s’imposer seuls. Pour les professionnels du tourisme, l’enjeu est désormais de proposer des séjours où la lenteur n’est pas subie mais choisie, avec des zones sans réseau clairement annoncées plutôt que présentées comme une contrainte.

Cette tendance rejoint les réflexions plus larges sur l’art de vivre et touche aussi les habitudes de loisirs du quotidien, bien au-delà de la seule période estivale.

Questions fréquentes

Pourquoi les Français veulent-ils se déconnecter davantage en vacances ?

Parce qu’une majorité d’entre eux associe désormais la présence des écrans à une baisse de la qualité de leur temps de repos : recherche de nature, de calme et de moments partagés avec leurs proches arrivent en tête des motivations, devant la simple volonté de rompre avec la routine.

Le tourisme fluvial est-il vraiment une solution contre la surconnexion ?

Selon l’étude Riverly, 72 % des personnes interrogées considèrent que la navigation sur les canaux et rivières offre une coupure réelle avec le quotidien, notamment parce que la couverture réseau y est plus irrégulière et le rythme de navigation naturellement plus lent.

Les Français parviennent-ils réellement à ralentir leur rythme de vie ?

Partiellement. L’étude Ipsos montre que 31 % des Français affirment avoir déjà ralenti leur rythme de vie, mais les mêmes sondés estiment qu’il leur faudrait l’équivalent de près de 28 heures par jour pour tout concilier, ce qui traduit un écart persistant entre l’intention et la pratique.

Sources

Presse Agence — Étude Riverly sur la déconnexion en vacances
Ipsos — Slow : un désir ultra-majoritaire en Europe
NR Magazine — Digital detox 2026, réduire le temps d’écran

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