Réchauffement climatique : les guêpes qui protègent nos cultures fragilisées

Sous l’effet du réchauffement climatique, une alliée discrète des agriculteurs vacille : la guêpe parasitoïde. Une étude scientifique parue dans la revue Ecology Letters montre que la hausse des températures affaiblit fortement ces petits insectes utilisés depuis des décennies comme auxiliaires de lutte biologique contre les ravageurs des cultures.

Un auxiliaire naturel des cultures mis à l’épreuve

Les guêpes parasitoïdes ne piquent pas et ne s’attaquent pas aux humains : elles pondent leurs œufs dans ou sur d’autres insectes, souvent des chenilles, pucerons ou mouches. Les larves se développent en consommant leur hôte, ce qui finit par le tuer et limite ainsi la prolifération des ravageurs des cultures. Ce mode de régulation naturel est largement employé en agriculture biologique, dans les vergers, les champs comme sous serre, en alternative aux traitements chimiques — une pratique proche de celle des jardiniers amateurs dans leur jardin.

Une équipe de recherche internationale associant des chercheurs du CNRS (laboratoire CRBE, Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement, à Toulouse) a testé l’effet d’une hausse de température de 4°C, portant les conditions expérimentales jusqu’à 28°C, sur quatre espèces de guêpes parasitoïdes tropicales et sept espèces de mouches des fruits utilisées comme hôtes.

Des résultats sans appel à +4°C

Résultat : à cette température plus élevée, le taux de réussite du développement des parasitoïdes chute nettement. Leur capacité à exploiter différentes espèces hôtes se réduit également : le régime alimentaire des guêpes se restreint, ce qui fragilise leur rôle de régulation dans l’écosystème. À l’inverse, une baisse de température a peu d’effet sur leur développement, ce qui suggère une vulnérabilité particulière face au réchauffement plutôt qu’aux variations climatiques en général.

  • Hausse de température testée : +4°C, jusqu’à 28°C
  • 4 espèces de guêpes parasitoïdes étudiées
  • 7 espèces de mouches des fruits utilisées comme hôtes
  • Étude publiée dans la revue Ecology Letters

Quelles conséquences pour l’agriculture et les jardins ?

Si les guêpes parasitoïdes perdent en efficacité, les populations d’insectes ravageurs pourraient croître plus librement, ce qui menacerait les rendements agricoles. L’institut technique Terres Inovia souligne que le changement climatique tend globalement à favoriser certains insectes ravageurs tout en fragilisant leurs ennemis naturels, un déséquilibre qui pourrait pousser certains exploitants à se tourner davantage vers les pesticides chimiques — à rebours des objectifs de réduction des intrants portés par la filière biologique.

Pour les jardiniers amateurs comme pour la recherche scientifique, l’enjeu dépasse la seule question agricole : ces guêpes participent aussi à l’équilibre des écosystèmes hors des champs cultivés. Une régulation naturelle affaiblie peut avoir des répercussions en cascade, jusque sur des sujets plus larges de santé environnementale, liés à l’usage accru de produits phytosanitaires.

Que peut-on faire à son échelle ?

  • Favoriser la biodiversité au jardin (haies, fleurs sauvages, points d’eau) pour offrir des refuges aux auxiliaires face aux vagues de chaleur
  • Éviter les traitements chimiques qui affaiblissent davantage des populations de guêpes parasitoïdes déjà fragilisées
  • Privilégier l’ombre et le paillage pour limiter les pics de température au sol, y compris pour la faune auxiliaire

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une guêpe parasitoïde ?

C’est un insecte qui pond ses œufs dans ou sur un autre insecte hôte. Les larves se développent en consommant cet hôte, ce qui le tue et limite la prolifération des ravageurs des cultures. Ces guêpes ne piquent pas les humains.

Pourquoi la chaleur les affaiblit-elle ?

Selon l’étude parue dans Ecology Letters, une hausse de 4°C perturbe fortement leur développement larvaire et réduit le nombre d’espèces hôtes qu’elles parviennent à exploiter, alors qu’une baisse de température a peu d’effet comparable.

Cela concerne-t-il l’agriculture biologique en France ?

Oui : les guêpes parasitoïdes sont largement utilisées comme méthode de lutte biologique dans les vergers, les champs et sous serre. Leur affaiblissement pourrait pousser certains producteurs à recourir davantage aux pesticides chimiques.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale