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Hydrogène blanc en Lorraine : ce que révèle vraiment le forage le plus profond du monde

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Plateforme de forage d'hydrogène naturel en Moselle

Sous les anciennes friches minières de Moselle, un gaz inattendu attire aujourd’hui géologues, industriels et pouvoirs publics. À Pontpierre, petit village de 800 habitants situé à une quarantaine de kilomètres de Metz, s’élève désormais le forage le plus profond au monde consacré à une ressource encore méconnue : l’hydrogène naturel, aussi appelé hydrogène blanc ou natif. Une piste qui, si elle se confirme à l’échelle industrielle, pourrait redessiner une partie de la carte énergétique française.

Une découverte née d’un hasard scientifique

L’histoire commence par une surprise. En forant près de Folschviller pour mesurer les concentrations de méthane du sous-sol, des chercheurs du CNRS et de l’Université de Lorraine, au sein du laboratoire GéoRessources, détectent un tout autre gaz vers 1 250 mètres de profondeur. Les mesures montrent des teneurs en hydrogène qui augmentent avec la profondeur, un signal jugé prometteur. De cette observation naît le programme de recherche Regalor, puis sa suite, Regalor II, piloté par l’entreprise La Française de l’Énergie avec l’appui des équipes scientifiques lorraines.

Contrairement à l’hydrogène produit industriellement à partir de gaz fossile ou par électrolyse, l’hydrogène natif est déjà présent dans les profondeurs de la Terre. Il se forme naturellement et se retrouve parfois dissous dans les eaux souterraines. Son intérêt : il pourrait offrir un vecteur énergétique décarboné sans les coûts et la consommation électrique de la production classique.

Ce que les mesures confirment aujourd’hui

Le forage baptisé PTH-2 a atteint 3 655 mètres de profondeur, un record mondial pour ce type de recherche. Les relevés font état d’une concentration d’hydrogène particulièrement élevée, mesurée autour de 49,6 % à 2 426 mètres. Sur la base des travaux menés, les estimations du CNRS évoquent un gisement pouvant atteindre environ 34 millions de tonnes d’hydrogène, réparti sous la Lorraine mais aussi sous des portions de territoires belge, luxembourgeois et allemand.

  • Localisation : ancien bassin houiller lorrain, autour de Folschviller et Pontpierre.
  • Profondeur atteinte : 3 655 mètres, le puits le plus profond au monde dédié à l’hydrogène naturel.
  • Prochaine étape : déploiement, au second semestre 2026, d’un outillage spécifique développé avec la société Solexperts pour mesurer les flux et débits au-delà de 3 000 mètres.

Entre promesse et prudence

Il faut distinguer ce qui est établi de ce qui reste à prouver. La présence d’hydrogène naturel en quantité notable est aujourd’hui confirmée par les forages. En revanche, la capacité à l’extraire de façon rentable, régulière et sûre relève encore de la phase d’évaluation. Les industriels évoquent une production commerciale à l’horizon de la fin 2028, un calendrier prévisionnel qui dépendra des résultats des prochains tests de débit.

Les enjeux dépassent la seule technique. Un gisement exploitable représenterait une opportunité de réindustrialisation pour un territoire marqué par la fin des mines de charbon. Signe de cette dynamique, un nouveau diplôme dédié à l’hydrogène vient d’être lancé côté Moselle-Est pour former aux futurs métiers de la filière. Reste que la question énergétique, ici, croise directement les débats sur l’écologie et le climat comme sur la souveraineté économique du pays.

Pourquoi cela compte pour le grand public

Pour les habitants comme pour le reste de la France, l’affaire lorraine agit comme un révélateur. Elle rappelle que la recherche appliquée peut faire émerger des ressources insoupçonnées, mais aussi qu’entre une découverte de laboratoire et une exploitation industrielle, le chemin est long et incertain. Prudence, donc, mais un intérêt scientifique bien réel.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’hydrogène blanc ou naturel ?

C’est de l’hydrogène déjà présent naturellement dans le sous-sol terrestre, par opposition à l’hydrogène fabriqué industriellement. Il est parfois dissous dans les eaux profondes et suscite l’intérêt pour son potentiel énergétique peu émetteur de carbone.

Le gisement lorrain est-il déjà exploité ?

Non. La présence d’hydrogène est confirmée par les forages, mais le projet en est au stade de l’évaluation. Une éventuelle production commerciale n’est pas envisagée avant la fin 2028, sous réserve des prochains tests.

Qui mène ces recherches ?

Le programme Regalor II est porté par l’entreprise La Française de l’Énergie, avec l’appui scientifique du laboratoire GéoRessources, associant le CNRS et l’Université de Lorraine.

Sources

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