Bonne nouvelle pour les millions de détenteurs d’un livret réglementé : le taux du Livret A au 1er août 2026 grimpe à 1,7 %, contre 1,5 % depuis le début de l’année. Une remontée discrète mais bien réelle, annoncée le 15 juillet par le ministre de l’Économie Roland Lescure, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin. Voici ce que cette hausse change concrètement pour votre épargne, et pourquoi elle ne se vaut pas partout.
Ce qui change vraiment au 1er août 2026
La revalorisation concerne trois produits d’épargne populaires, mais pas de la même façon :
- Livret A : passage de 1,5 % à 1,7 %, soit +0,2 point.
- LDDS (Livret de développement durable et solidaire) : aligné sur le Livret A, il passe également à 1,7 %.
- LEP (Livret d’épargne populaire) : maintenu à 2,5 %, sans changement.
Ce nouveau taux résulte d’une formule automatique : la moyenne semestrielle entre l’inflation (hors tabac) et le taux interbancaire européen €STR, arrondie au dixième de point, avec un plancher garanti de 0,5 %. Sur le premier semestre 2026, une inflation moyenne de 1,52 % et un €STR proche de 1,95 % aboutissent mécaniquement à 1,7 %. La prochaine révision est attendue le 1er février 2027.
Combien la hausse rapporte concrètement
Pour bien mesurer l’effet, prenons un Livret A rempli au plafond de 22 950 €. À 1,7 %, il rapporte près de 390 € d’intérêts sur une année pleine, contre environ 344 € à 1,5 % : un gain d’à peu près 46 € par an. Comme la hausse ne s’applique qu’à partir d’août, un épargnant au plafond touchera dans les faits une vingtaine d’euros de plus d’ici la fin 2026.
Pour une épargne plus modeste, l’effet reste proportionnel : sur 5 000 € placés, la différence entre 1,5 % et 1,7 % représente à peine 10 € sur une année. Autrement dit, la revalorisation est bienvenue, mais elle ne bouleverse pas un budget.
L’idée reçue à corriger : un taux qui monte n’est pas forcément un gain
C’est le point que beaucoup d’épargnants oublient. Avec une inflation 2026 attendue autour de 2 % selon les projections de l’INSEE, un Livret A à 1,7 % affiche toujours un rendement réel négatif : l’argent placé perd un peu de pouvoir d’achat, même s’il rapporte davantage qu’avant. La hausse limite la casse, elle ne l’annule pas.
C’est aussi pourquoi le LEP, maintenu à 2,5 %, reste le grand gagnant. Réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas environ 22 823 € par part, avec un plafond de versement de 10 000 €, il offre un rendement supérieur à l’inflation. Beaucoup de Français éligibles n’en possèdent pourtant pas. Si vous y avez droit, c’est le premier réflexe à avoir avant même de garnir votre Livret A.
Comment tirer le meilleur parti de la nouvelle donne
- Vérifiez votre éligibilité au LEP : un simple avis d’imposition suffit à le savoir, et le gain est immédiat.
- Gardez le Livret A pour l’épargne de précaution : disponible, sans risque et défiscalisé, il reste idéal pour un matelas de sécurité, pas pour faire fructifier un capital.
- Au-delà des plafonds, comparez avec une assurance-vie en fonds euros ou un compte à terme si votre horizon dépasse deux ou trois ans.
- Ne surréagissez pas : 0,2 point de hausse ne justifie pas de bouleverser toute votre stratégie d’épargne.
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Questions fréquentes
Faut-il transférer son argent du Livret A vers le LEP ?
Si vous êtes éligible au LEP et qu’il n’est pas encore au plafond, oui : à 2,5 %, il rapporte mécaniquement plus que le Livret A à 1,7 %, à disponibilité et sécurité équivalentes. Le Livret A garde tout son intérêt pour l’épargne qui dépasse le plafond du LEP.
Le taux de 1,7 % peut-il encore changer avant 2027 ?
Non. Le taux fixé au 1er août 2026 s’applique jusqu’à la prochaine révision semestrielle, prévue le 1er février 2027. Il pourra alors être relevé ou abaissé selon l’évolution de l’inflation et des taux de marché.
Les intérêts du Livret A sont-ils imposés ?
Non. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux affiché est donc un rendement net.