Longtemps cantonnée à une niche de convaincus, la voiture électrique vient de franchir un cap symbolique sur le marché français. En juillet, elle a représenté 35 % des immatriculations de voitures neuves, un niveau jamais atteint jusqu’ici, selon les chiffres de la Plateforme automobile (PFA). De quoi rebattre les cartes pour les constructeurs, les concessionnaires et surtout pour les automobilistes qui hésitent encore à franchir le pas.
Un marché du neuf en nette reprise
Avec 126 808 voitures particulières neuves immatriculées le mois dernier, le marché français affiche une hausse de 9 % par rapport à juillet de l’année précédente. Une bouffée d’air pour un secteur qui peinait à retrouver ses niveaux d’avant-crise sanitaire. Sur les sept premiers mois de l’année, ce sont près de 984 000 véhicules neufs qui ont trouvé preneur, soit une progression de 2,65 % sur un an.
Ce redressement ne doit toutefois rien au hasard : il s’explique en grande partie par la percée des motorisations électrifiées, qui rebattent la hiérarchie du marché installée depuis des décennies.
L’électrique dépasse enfin le seuil du tiers des ventes
Sur les 44 378 voitures électriques vendues en juillet, la progression doit beaucoup au relance du dispositif de leasing social, qui permet à des ménages modestes de louer un véhicule électrique à un tarif mensuel très réduit. Ce coup de pouce budgétaire, combiné à la baisse continue du prix des batteries, change la donne pour des acheteurs qui regardaient jusqu’ici l’électrique comme un choix réservé aux budgets confortables.
Les modèles hybrides restent toutefois la motorisation la plus choisie, avec 48 % des ventes du mois. Sur l’ensemble de l’année, l’écart se resserre nettement moins vite : l’électrique pèse 29 % du marché cumulé, contre un peu plus de 50 % pour l’hybride, preuve que la bascule de juillet reste encore à confirmer dans la durée.
Ce que ça change concrètement pour les acheteurs
- Des mensualités de location nettement abaissées pour les ménages éligibles au leasing social, sur une sélection de modèles compacts.
- Une offre élargie de voitures électriques citadines et familiales, alors que l’offre était jusqu’ici concentrée sur le haut de gamme.
- Un réseau de bornes de recharge qui continue de se densifier, réduisant l’un des principaux freins évoqués par les automobilistes.
- Des prix d’occasion de véhicules électriques récents qui commencent à baisser, avec l’arrivée sur le marché des premières locations de longue durée arrivées à terme.
Pour les ménages qui hésitent encore, l’équation économique se pose désormais différemment : le coût à l’achat reste souvent plus élevé qu’un modèle thermique équivalent, mais l’écart se réduit sur la durée de détention grâce à des dépenses de carburant et d’entretien plus faibles. Direction Finance – Economie pour suivre l’évolution du pouvoir d’achat des ménages sur ce type d’arbitrage.
Les constructeurs s’adaptent à marche forcée
Face à cette demande nouvelle, les marques généralistes multiplient les lancements de modèles électriques à prix contenu, une stratégie déjà engagée outre-Rhin et en Asie. Cette course à l’électrification s’accompagne d’une vague d’innovations technologiques suivie de près par les passionnés de High Tech – Numérique, tandis que les distributeurs adaptent leurs argumentaires commerciaux pour accompagner des clients encore peu familiers avec ces motorisations.
Reste une question suspendue : cette envolée de juillet, dopée par un dispositif d’aide ponctuel, tiendra-t-elle sur la durée une fois le leasing social recentré ou révisé ? Les prochains mois, traditionnellement plus calmes pour les ventes automobiles, donneront une première indication. En attendant, les bonnes affaires du moment intéressent aussi les lecteurs attentifs aux tendances de Conso – Shopping.
Questions fréquentes
Pourquoi les ventes de voitures électriques ont-elles autant progressé en juillet ?
La relance du dispositif de leasing social, qui propose des locations à tarif réduit pour les ménages modestes, a fortement dopé la demande, dans un contexte de baisse progressive du prix des batteries.
L’électrique a-t-il dépassé l’hybride en France ?
Pas encore sur l’ensemble de l’année : l’hybride reste majoritaire avec un peu plus de la moitié des ventes cumulées depuis janvier, contre 29 % pour l’électrique, même si ce dernier a représenté 35 % des ventes du seul mois de juillet.
Le marché automobile français est-il reparti à la hausse ?
Oui, avec une progression de 9 % des immatriculations en juillet par rapport à l’an dernier, et une hausse de 2,65 % sur les sept premiers mois de l’année.
Sources
- Boursorama — Les immatriculations de voitures neuves en France en hausse de 9 % en juillet (PFA)
- Actu-Automobile — L’électrique atteint 35 % du marché français en juillet
- Motor1 France — Le marché automobile français retrouve des couleurs en juillet
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