Cyclotourisme : la France vise la première place mondiale d’ici 2030

La France est déjà la deuxième destination mondiale du tourisme à vélo, juste derrière l’Allemagne. Mais elle ne compte pas s’arrêter là : portée par une stratégie nationale et un réseau qui approche des 26 000 kilomètres, la destination affiche désormais une ambition assumée, celle de devenir la première destination mondiale du cyclotourisme d’ici 2030. Un objectif qui, loin de n’intéresser que les passionnés de la petite reine, concerne l’ensemble des voyageurs et des territoires.

Un secteur qui pèse lourd, et qui grandit vite

Derrière l’image bucolique des balades estivales se cache une véritable filière économique. Selon les évaluations de la Direction générale des Entreprises, les retombées économiques du cyclotourisme ont atteint 4,6 milliards d’euros en 2023, en progression de 46 % en une décennie. La dynamique ne faiblit pas, puisque les estimations pour 2024 dépassent désormais la barre des cinq milliards d’euros. Le secteur soutiendrait par ailleurs de l’ordre de 80 000 emplois directs et indirects, souvent non délocalisables et répartis dans les zones rurales.

La pratique, elle, est massive : 22 millions de Français déclarent enfourcher un vélo pendant leurs vacances, soit davantage que celles et ceux qui pratiquent la randonnée pédestre. À cela s’ajoutent près de 9 millions de séjours à vélo chaque année et une clientèle étrangère fidèle, la France captant environ 20 % des cyclotouristes européens en déplacement.

Ce que change concrètement l’objectif 2030

Pour espérer ravir la première place, l’État et près de 120 organismes publics et privés ont bâti une Stratégie nationale du tourisme à vélo, animée par l’association Vélo & Territoires. Elle recense 27 actions concrètes, dont plusieurs auront un effet direct sur le quotidien du voyageur :

  • Compléter le réseau cyclable : le Schéma national des véloroutes est aujourd’hui réalisé à plus de 83 %, avec près de 25 900 kilomètres aménagés sur les quelque 26 000 prévus.
  • Faciliter l'emport des vélos dans les trains, maillon souvent critiqué de la chaîne du voyage, pour permettre des itinéraires sans voiture.
  • Multiplier les services labellisés : l’ambition est d’atteindre 20 000 prestataires « Accueil Vélo » à l’horizon 2030, contre environ 8 000 aujourd’hui, qu’il s’agisse d’hébergements, de restaurants ou d’ateliers de réparation.

Autrement dit, un touriste qui choisira la France à vélo dans les prochaines années devrait trouver des itinéraires plus continus, une meilleure articulation avec le train et les autres modes de transport, et un tissu de professionnels formés à l’accueil des cyclistes.

Un levier pour les territoires

Le cyclotourisme séduit les collectivités parce qu’il irrigue l’ensemble d’un parcours plutôt qu’un seul site. L’exemple le plus emblématique reste La Loire à Vélo : ses 900 kilomètres accueillent 1,8 million de cyclistes par an et génèrent à eux seuls 54,5 millions d’euros de retombées. De quoi faire vivre commerces, chambres d’hôtes et petits producteurs le long du tracé.

C’est aussi un tourisme cohérent avec les enjeux d’écologie et de climat : mobilité douce, étalement des flux touristiques hors des sites saturés et allongement de la saison. Vélo & Territoires observait d’ailleurs une hausse de fréquentation de +1 % en 2024 sur un échantillon de 315 compteurs, signe d’une pratique qui s’installe durablement. Reste une inconnue : ces prévisions d’ici 2030 supposent des financements maintenus et une infrastructure achevée, ce qui n’a rien d’automatique.

Faut-il y voir une simple mode ?

L’idée reçue voudrait que le vélo de vacances soit réservé aux sportifs aguerris. C’est faux : l’essor du vélo à assistance électrique a considérablement élargi le public, rendant accessibles des étapes autrefois réservées aux amateurs d’activités physiques confirmés. Le cyclotourisme se rapproche aujourd’hui d’un tourisme familial et intergénérationnel, à mi-chemin entre découverte et détente.

Questions fréquentes

La France est-elle la première destination mondiale du tourisme à vélo ?

Non, pas encore. Elle occupe aujourd’hui la deuxième place mondiale, derrière l’Allemagne. L’objectif affiché par la Stratégie nationale du tourisme à vélo est d’atteindre la première place d’ici 2030.

Combien de kilomètres de véloroutes compte la France ?

Le réseau approche les 26 000 kilomètres. Le Schéma national des véloroutes est réalisé à plus de 83 %, avec près de 25 900 kilomètres d’itinéraires aménagés.

Qu’est-ce que le label « Accueil Vélo » ?

C’est une marque nationale qui garantit un accueil et des services adaptés aux cyclistes (hébergement, restauration, réparation) à proximité des grands itinéraires. La France vise 20 000 prestataires labellisés d’ici 2030, contre environ 8 000 actuellement.

Sources