Le diagnostic de performance énergétique (DPE) vient de changer de visage. Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau mode de calcul redistribue les étiquettes énergétiques de millions de logements et fait sortir près de 850 000 biens du statut de passoire thermique, sans qu’aucun propriétaire n’ait eu à commander un nouveau diagnostic. Une bascule technique, mais aux conséquences très concrètes pour vendre, louer ou rénover.
Un coefficient qui change tout pour le chauffage électrique
Au cœur de la réforme se trouve un chiffre obscur mais déterminant : le coefficient de conversion de l’électricité utilisé pour calculer la consommation d’énergie primaire d’un logement. Il était fixé jusqu’ici à 2,3, une valeur qui pénalisait lourdement les logements chauffés à l’électricité par rapport à ceux au gaz ou au fioul. Depuis le 1er janvier 2026, il est ramené à 1,9, une correction censée mieux refléter la part croissante d’électricité décarbonée dans le mix énergétique français.
Concrètement, un logement chauffé à l’électricité peut désormais gagner une à deux classes sur son étiquette, sans le moindre changement matériel : ni isolation renforcée, ni changement de chaudière. Seule la méthode de calcul évolue. Un garde-fou a toutefois été posé : aucune étiquette ne peut être dégradée par ce recalcul, elle ne peut que s’améliorer ou rester identique.
Près de 850 000 logements sortis de la classification F ou G
Selon les estimations reprises par plusieurs spécialistes du secteur, environ 850 000 logements quittent ainsi la classification F ou G, soit près de 20 % des 4,8 millions de passoires thermiques recensées en France en 2023. Un mouvement qui touche en priorité les logements chauffés à l’électricité, souvent situés en habitat collectif ou construits après les années 1980.
- Aucun nouveau diagnostic à payer : les DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 restent valables dix ans.
- Une attestation actualisée peut être téléchargée gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, à partir du numéro du diagnostic existant.
- La note finale reste calculée sur un double seuil : elle correspond à l’étiquette la moins favorable entre la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
Ce que ça change pour vendre, louer ou rénover
Le sujet n’a rien d’anecdotique pour les propriétaires. La loi Climat et Résilience interdit progressivement la location des logements les moins bien notés : les logements classés G ne peuvent déjà plus être loués, et les F suivront à partir de 2028. Voir son logement gagner une classe grâce au seul recalcul peut donc suffire à échapper à une interdiction de mise en location, ou à améliorer sa valeur lors d’une vente. Ceux qui envisagent des travaux de rénovation énergétique ont intérêt à vérifier leur nouvelle étiquette avant d’engager des dépenses, certains passages de F à E rendant certains chantiers moins urgents. Pour les questions de financement de travaux ou de crédit lié à un achat immobilier, mieux vaut se référer aux règles en vigueur, consultables notamment dans la rubrique finance et économie du site.
Copropriétés : une obligation de DPE collectif qui s’étend
La réforme s’accompagne d’un autre changement, moins connu : l’obligation de réaliser un DPE collectif à l’échelle de l’immeuble. Cette obligation, déjà en vigueur depuis 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots et depuis 2025 pour celles de 50 à 200 lots, s’applique désormais, depuis le 1er janvier 2026, aux copropriétés de 50 lots ou moins. Les syndics doivent donc intégrer cette démarche dans leurs prochaines assemblées générales, sous peine de complications lors de futures ventes au sein de la copropriété. Les propriétaires souhaitant vérifier le cadre réglementaire applicable à leur immeuble peuvent consulter la rubrique droit et justice du site, ou se documenter sur les travaux de rénovation dans la rubrique maison et jardin.
Techniquement discret, ce recalcul du DPE illustre une dynamique plus large : celle d’un cadre réglementaire immobilier de plus en plus mouvant, où la valeur d’un bien peut évoluer sans qu’aucun mur n’ait bougé.
Questions fréquentes
Dois-je faire refaire mon DPE pour bénéficier du nouveau calcul ?
Non. Les diagnostics réalisés avant le 1er janvier 2026 restent valables dix ans. Une attestation actualisée avec la nouvelle étiquette peut être téléchargée gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans nouveau passage d’un diagnostiqueur.
Mon logement peut-il voir sa note baisser à cause de ce recalcul ?
Non. Le nouveau mode de calcul ne peut qu’améliorer l’étiquette ou la laisser inchangée : aucun logement ne peut être reclassé dans une catégorie plus défavorable qu’auparavant.
Qui est concerné par l’obligation de DPE collectif ?
Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés, y compris celles de 50 lots ou moins, doivent réaliser un DPE à l’échelle de l’immeuble, après une mise en place progressive engagée dès 2024 pour les plus grandes copropriétés.
Sources
- Ministère de l’Économie — Ce qu’il faut savoir sur le DPE
- Hellowatt — DPE 2026, ce qui change
- Actu-Juridique — DPE, la nouvelle donne en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale