La seconde main n’est plus une niche réservée aux chasseurs de bonnes affaires : elle occupe désormais une place durable dans la façon dont les Français s’habillent. Un nouveau bilan de la filière textile confirme que le marché continue de grossir, porté à la fois par les contraintes de pouvoir d’achat et par une préoccupation écologique de plus en plus concrète chez les acheteurs.
Un marché qui continue de grossir
Selon Refashion, l’éco-organisme mandaté par l’État pour la filière textile, 65 400 tonnes de vêtements et chaussures d’occasion ont été vendues en France en 2025, soit une progression de 5 % en volume sur un an. Cela représente désormais 7,2 % de l’ensemble des textiles et chaussures consommés dans le pays. Un autre indicateur confirme cette dynamique côté consommateurs : d’après l’Observatoire Enov Novascope Seconde Main, 73 % des Français ont acheté au moins un article d’occasion au cours des douze derniers mois, et 47 % déclarent avoir augmenté leurs achats de ce type.
Trois circuits, trois logiques bien différentes
Derrière ce chiffre global, la filière se répartit entre des canaux aux profils très distincts :
- Le marché entre particuliers (plateformes comme Vinted ou Leboncoin) : 42 % des volumes, avec un prix de vente moyen autour de 9,40 euros par article.
- L’économie sociale et solidaire (Emmaüs, Secours Catholique, Croix-Rouge, Le Relais) : 41 % des volumes, pour un prix moyen de 3,40 euros, un circuit qui reste le plus accessible.
- Les friperies et corners spécialisés : seulement 18 % des volumes, mais c’est le segment qui progresse le plus vite, avec une hausse de 15 % en un an, pour un prix moyen de 16,70 euros.
Cette dernière catégorie illustre un changement de perception : la seconde main n’est plus seulement une solution d’appoint, elle devient aussi un choix revendiqué, parfois plus cher qu’un vêtement neuf d’entrée de gamme, mais perçu comme plus qualitatif ou plus original.
Pourquoi ce mouvement s’accélère
Deux moteurs se combinent. D’un côté, la pression sur le budget des ménages pousse une partie des foyers vers des achats moins coûteux. De l’autre, la multiplication des alertes sur l’impact environnemental du textile change les habitudes d’achat, dans un contexte où le gouvernement a par ailleurs renforcé l’encadrement des articles vendus à très bas prix, comme l’explique notre article sur le malus appliqué aux vêtements ultra bon marché. La seconde main apparaît alors comme une alternative à la fois économique et plus sobre face à la fast fashion.
Ce que cela change concrètement pour les acheteurs
Pour profiter de cette tendance sans mauvaise surprise, quelques réflexes simples s’imposent :
- Comparer les circuits selon l’usage recherché : l’économie sociale et solidaire pour le prix le plus bas, les plateformes entre particuliers pour le choix, les friperies pour la qualité sélectionnée.
- Vérifier systématiquement le profil et les avis d’un vendeur avant un achat entre particuliers, en gardant en tête les méthodes détaillées dans notre guide pour repérer les faux avis en ligne.
- Se méfier des allégations écologiques trop vagues sur certaines plateformes qui surfent sur la tendance, un point sur lequel la nouvelle réglementation européenne contre l’écoblanchiment doit progressivement clarifier les règles du jeu.
- Garder en tête que la seconde main reste un sujet de consommation comme un autre : comparer les prix, vérifier les retours et conserver ses preuves d’achat.
Contrairement à une idée reçue, la seconde main n’est pas qu’une affaire de petites annonces entre particuliers : près de la moitié des volumes passe encore par des structures associatives, qui restent le point d’entrée le plus abordable pour s’équiper. C’est un fait établi par Refashion pour 2025 ; la poursuite de cette croissance en tendance dans les prochaines années relève en revanche d’une prévision, pas d’un acquis, et dépendra notamment de l’évolution du pouvoir d’achat et des prix du neuf.
Questions fréquentes
La seconde main est-elle vraiment moins chère que le neuf ?
Cela dépend du canal : les structures associatives et les plateformes entre particuliers restent nettement moins chères qu’un vêtement neuf, mais certaines friperies ou corners spécialisés pratiquent des prix proches, voire supérieurs, pour des pièces jugées plus qualitatives ou recherchées.
Quel circuit choisir pour vendre ses propres vêtements ?
Les plateformes entre particuliers offrent la meilleure valorisation financière pour des pièces en bon état, tandis que les dons aux associations restent la solution la plus rapide et la plus simple pour se débarrasser d’un volume important sans négociation.
Cette progression de la seconde main va-t-elle durer ?
Les derniers chiffres de Refashion montrent une croissance continue depuis plusieurs années, mais il s’agit d’une tendance observée, pas d’une certitude pour l’avenir : elle restera liée à l’évolution du pouvoir d’achat et des prix pratiqués sur le marché du neuf.
Sources
Refashion, éco-organisme de la filière textile —
CB News, étude sur la progression de la seconde main textile —
Enov, Observatoire Novascope Seconde Main
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale