Longtemps cantonné à quelques territoires pilotes, le sport sur ordonnance franchit un cap en 2026. Porté par une pratique physique en hausse constante et par de nouvelles prises en charge, l’activité physique adaptée (APA) quitte le statut de curiosité pour s’installer durablement dans le parcours de soin des Français. Décryptage d’un mouvement de fond qui rapproche le monde de la santé et celui du sport.
Une pratique sportive qui progresse d’année en année
Le contexte est favorable. Selon le Baromètre national des pratiques sportives 2025, publié par l’INJEP et l’Agence nationale du Sport, 61 % des personnes de 15 ans et plus déclarent une pratique régulière, c’est-à-dire au moins une fois par semaine en moyenne. Un chiffre en progression de 2 points par rapport à 2023 et de 7 points depuis 2018. Sur l’ensemble de l’année, 72 % des Français ont pratiqué au moins une activité physique et sportive, soit six points de plus qu’il y a sept ans.
Cette dynamique installe le sport comme un réflexe de bien-être partagé par une large majorité. Elle crée aussi un terrain propice à une idée longtemps réservée aux spécialistes : le mouvement peut être un véritable outil thérapeutique, prescrit comme un traitement.
Ce que change concrètement le sport sur ordonnance
Le principe est simple : un médecin peut prescrire une activité physique adaptée à un patient atteint d’une maladie chronique, encadrée par des professionnels formés. L’ordonnance est délivrée pour trois à six mois, renouvelable. Depuis avril 2025, les infirmiers en pratique avancée (IPA) peuvent eux aussi rédiger ces prescriptions, ce qui élargit sensiblement le nombre de professionnels susceptibles d’orienter les patients.
Point d’entrée du dispositif, les Maisons Sport-Santé jouent un rôle central. Lancées en 2019 par les ministères des Sports et de la Santé, elles sont désormais 581 réparties sur l’ensemble du territoire, métropole et Outre-mer compris, contre un peu plus de 550 à l’automne 2025. Ces structures rassemblent professionnels de santé et éducateurs sportifs pour construire des programmes personnalisés et durables.
De nouvelles situations désormais couvertes
L’année 2026 marque surtout un élargissement du périmètre. Une évolution réglementaire du 4 mars 2026 ouvre la prise en charge de séances d’APA pour les patients en situation d’obésité complexe, dans le cadre d’un parcours coordonné renforcé. Peu après, un arrêté du 13 mai 2026 organise la prise en charge de séances destinées aux personnes traitées pour un cancer. Autant de signaux qui confirment la reconnaissance de l’activité physique comme thérapeutique non médicamenteuse à part entière.
- Qui est concerné ? Les patients atteints d’affections de longue durée, de maladies chroniques ou en perte d’autonomie.
- Qui prescrit ? Tout médecin intervenant dans la prise en charge, et désormais les infirmiers en pratique avancée.
- Où s’orienter ? Vers l’une des Maisons Sport-Santé, en lien avec son médecin traitant.
Un enjeu de santé publique, pas seulement de performance
Le sport sur ordonnance illustre un glissement culturel : il ne s’agit plus de courir après un chrono, mais de préserver un capital santé. Les bénéfices attendus sont doubles, sanitaires et économiques, la sédentarité pesant lourd sur les dépenses de soin. Reste un défi de taille : faire connaître le dispositif au grand public et lever l’idée reçue selon laquelle l’activité physique adaptée serait réservée aux sportifs aguerris. Pour prolonger la lecture, explorez nos rubriques Sport – Activités, Santé – Médecine et Loisirs – Plaisirs.
Questions fréquentes
Le sport sur ordonnance est-il remboursé ?
La prescription d’activité physique adaptée n’ouvre pas de remboursement automatique par l’Assurance maladie dans le cas général, mais certaines situations font l’objet de prises en charge spécifiques, comme l’obésité complexe ou l’accompagnement des patients traités pour un cancer depuis 2026. Des aides locales et complémentaires existent également selon les territoires.
Qui peut bénéficier d’une prescription ?
Les patients atteints d’une maladie chronique, d’une affection de longue durée ou en perte d’autonomie peuvent se voir prescrire une activité physique adaptée par leur médecin ou, depuis avril 2025, par un infirmier en pratique avancée.
Qu’est-ce qu’une Maison Sport-Santé ?
C’est une structure réunissant professionnels de santé et du sport pour accompagner vers une pratique régulière et adaptée. On en compte 581 en France, présentes dans tous les départements métropolitains et la quasi-totalité des Outre-mer.



