Le vaccin contre le zona n’est plus seulement une arme contre les douleurs et complications liées à cette réactivation du virus de la varicelle. Une étude menée par l’université d’Oxford et l’université de Birmingham, publiée fin août dans la revue Nature Medicine, établit un lien entre le vaccin recombinant contre le zona et une réduction mesurable du risque cardiovasculaire chez les personnes de plus de 60 ans.
Une expérience naturelle grandeur nature
Pour isoler l’effet du vaccin recombinant (connu sous le nom commercial Shingrix) de celui de l’ancien vaccin vivant atténué, les chercheurs se sont appuyés sur un changement de politique vaccinale survenu aux États-Unis en octobre 2017 : le remplacement brutal du vaccin vivant par le vaccin recombinant. Ils ont comparé plus de 70 000 personnes vaccinées dans les six mois précédant ce basculement à des personnes vaccinées durant les mêmes mois de l’année suivante, une fois le nouveau vaccin généralisé. Cette « expérience naturelle » permet de neutraliser une grande partie des biais qui compliquent habituellement ce type de comparaison, comme le simple fait que les personnes qui se font vacciner ont souvent, en moyenne, un mode de vie plus attentif à leur santé.
Des résultats chiffrés sur sept ans de suivi
Sur sept ans de suivi, les auteurs observent une réduction de 9 % de la charge de maladies cardiovasculaires chez les personnes ayant reçu le vaccin recombinant, par rapport à celles ayant reçu l’ancien vaccin vivant. Le détail par pathologie est encore plus marqué sur certains indicateurs :
- Baisse de 10 % du risque de maladie coronarienne
- Baisse de 12 % du risque d’insuffisance cardiaque
- Effet protecteur le plus fort durant les trois premières années et demie suivant la vaccination
- Effet qui s’atténue ensuite progressivement dans les années suivantes
Ce travail s’ajoute à des publications antérieures des mêmes équipes ayant déjà associé le vaccin recombinant à un risque réduit de démence, ce qui a valu à Shingrix son surnom de « vaccin qui protège à la fois le cœur et le cerveau » dans plusieurs commentaires scientifiques.
Pourquoi un vaccin contre le zona agirait sur le cœur
L’hypothèse avancée par les chercheurs tient à la biologie du virus varicelle-zona lui-même : sa réactivation provoque une inflammation vasculaire susceptible de fragiliser les artères et de favoriser des événements cardiovasculaires dans les mois qui suivent un épisode de zona. En empêchant efficacement cette réactivation, le vaccin réduirait indirectement cette source d’inflammation. Cette piste rejoint des travaux plus larges sur le lien entre infections virales, inflammation chronique et maladies cardiovasculaires, un champ de recherche qui redessine la manière dont on pense la prévention en santé au-delà du seul suivi du cholestérol ou de la tension artérielle.
Les auteurs restent toutefois prudents : il s’agit d’une étude observationnelle, pas d’un essai clinique randomisé conçu spécifiquement pour mesurer un effet cardiovasculaire. Un lien de causalité directe reste à confirmer par d’autres travaux, même si la méthode de « l’expérience naturelle » limite fortement les biais habituels. Cette exigence de rigueur rappelle celle qui prévaut pour d’autres grands chantiers de santé publique, comme la constitution récente d’un registre national de suivi épidémiologique des cancers, où la qualité des données conditionne la solidité des conclusions.
Ce que cela change pour la vaccination des plus de 60 ans
En France, le vaccin recombinant contre le zona est déjà recommandé pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour certains adultes immunodéprimés dès 18 ans. Ces nouveaux résultats ne modifient pas les recommandations officielles dans l’immédiat, mais ils renforcent l’argumentaire en faveur d’une couverture vaccinale encore trop faible dans cette tranche d’âge. Ils s’inscrivent aussi dans une tendance de fond où la santé cardiovasculaire est de plus en plus reliée à des déterminants globaux du mode de vie et de la santé, comme le souligne une récente étude sur l’art de vivre et la santé mentale des Français, qui pointait déjà l’intrication croissante entre bien-être global et prévention des maladies chroniques.
Questions fréquentes
Quel est le vaccin concerné par cette étude ?
Il s’agit du vaccin recombinant contre le zona, commercialisé sous le nom Shingrix, qui a remplacé l’ancien vaccin vivant atténué dans la plupart des pays occidentaux depuis la fin des années 2010.
De combien le risque cardiovasculaire diminue-t-il ?
L’étude relève une baisse de 9 % de la charge globale de maladies cardiovasculaires sur sept ans de suivi, avec une baisse de 10 % pour les maladies coronariennes et de 12 % pour l’insuffisance cardiaque.
Cette étude change-t-elle les recommandations de vaccination en France ?
Non, pas à ce stade. La vaccination contre le zona reste recommandée à partir de 65 ans et pour certains publics immunodéprimés ; ces résultats viennent renforcer l’intérêt de cette vaccination sans modifier le calendrier vaccinal officiel.
Sources
Nature Medicine — étude originale sur le vaccin recombinant et le risque cardiovasculaire
University of Oxford — communiqué sur l’étude
STAT News — analyse de l’étude
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale