Jusqu’ici, seuls les cancers de l’enfant étaient recensés de façon exhaustive en France. Un registre national des cancers, créé par la loi du 30 juin 2025 et entré en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier, change la donne : piloté par l’Institut national du cancer (INCa), il doit permettre, pour la première fois, de suivre l’ensemble des cas de cancer sur tout le territoire.
Une couverture jusqu’ici très partielle
Avant ce registre, la collecte des cas de cancer reposait sur des registres locaux, actifs dans certains départements seulement. Résultat : leur couverture ne représentait que 20 à 24 % du territoire national, laissant l’essentiel du pays sans suivi épidémiologique fin et homogène. Un angle mort que les autorités sanitaires cherchaient à combler depuis plusieurs années, à mesure que les politiques de prévention se structuraient sans toujours disposer de données fiables à l’échelle nationale.
Comment fonctionnera le nouveau registre
Le dispositif s’appuiera sur le croisement, en données pseudonymisées, de plusieurs sources déjà existantes :
- les registres de cancers locaux actuels ;
- les grandes bases de données nationales de santé ;
- les données cliniques et biologiques issues des laboratoires et établissements de soins ;
- les données de soins et de dépistage.
Objectif affiché : mieux connaître l’épidémiologie de la maladie, suivre les trajectoires de soins des patients dans la durée, et évaluer plus finement l’efficacité des actions de prévention, de dépistage, de traitement et de suivi menées partout en France.
Ce que révèlent déjà les derniers chiffres
En attendant la montée en puissance du registre, l’édition 2026 du Panorama des cancers en France, publication de référence de l’INCa, offre un premier état des lieux : 433 136 nouveaux cas ont été estimés en 2023 en France métropolitaine, dont 245 610 chez les hommes et 187 526 chez les femmes. La tendance est contrastée selon le sexe : le taux d’incidence standardisé se stabilise chez les hommes (+0,06 % par an entre 2019 et 2023), mais continue de progresser chez les femmes (+0,25 % par an sur la même période). Ces écarts, jusqu’ici mesurés à partir d’une couverture partielle, devraient gagner en précision une fois le registre pleinement opérationnel.
Cette montée en puissance des données de santé s’inscrit dans un contexte plus large où le système de soins cherche aussi à répondre à d’autres tensions structurelles, comme le nombre de postes ouverts en médecine face aux déserts médicaux, ou le développement d’outils de prévention comme le sport sur ordonnance, désormais prescrit à plus grande échelle.
Un chantier de long terme
La mise en place du registre est un chantier progressif : il faudra du temps pour que la collecte couvre effectivement l’ensemble du territoire et que les données remontent de façon homogène depuis tous les établissements. Mais pour les épidémiologistes comme pour les associations de patients, cette base unique est attendue comme un outil déterminant pour objectiver l’évolution réelle de la maladie en France, plutôt que de raisonner à partir d’extrapolations régionales.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le registre national des cancers ?
C’est une base de données nationale, pilotée par l’Institut national du cancer, qui vise à recenser l’ensemble des cas de cancer diagnostiqués en France en croisant plusieurs sources de données de santé pseudonymisées.
Pourquoi la France n’avait-elle pas déjà un tel registre ?
La collecte reposait jusqu’ici sur des registres locaux présents dans certains départements seulement, ce qui limitait la couverture nationale à environ 20 à 24 % du territoire.
Que va changer ce registre concrètement ?
Il doit permettre un suivi plus précis de l’épidémiologie des cancers, des trajectoires de soins des patients et une meilleure évaluation des politiques de prévention, de dépistage et de traitement à l’échelle nationale.
Sources
- Institut national du cancer — Le registre national des cancers
- LaMédicale — Le registre national des cancers officiellement lancé
- France Assos Santé — La France se dote enfin d’un registre national des cancers
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale