Après plusieurs années de ralentissement, le marché de l’immobilier ancien retrouve des couleurs en France. Les volumes de transactions repartent nettement à la hausse, mais cette reprise reste fragile : la remontée des taux obligataires observée fin juillet fait planer le doute sur la stabilité des taux de crédit à la rentrée.
Une reprise réelle, mais loin des sommets de 2021
Selon les données des Notaires de France, le nombre de transactions dans l’ancien atteint désormais près de 958 000 ventes sur douze mois glissants, soit une progression de l’ordre de 11 % sur un an. Un rythme que les notaires eux-mêmes qualifient de « reprise sans excès » : le marché retrouve une zone d’équilibre autour de 950 000 à 975 000 transactions annuelles, très loin du pic de 1,1 million de ventes enregistré à l’été 2021, soit un volume encore inférieur d’environ 25 % à ce record.
Autre évolution notable : ce rebond est porté avant tout par des acquéreurs occupants — primo-accédants ou ménages en parcours résidentiel — et non par des investisseurs, contrairement aux cycles précédents. Les notaires décrivent d’ailleurs un marché en « dents de scie », dont la régularité reste encore incertaine d’un trimestre à l’autre.
Des taux de crédit stables… pour l’instant
Ce regain de transactions s’explique en grande partie par des conditions de financement plus favorables qu’il y a deux ans. En août 2026, les courtiers constatent des taux moyens hors assurance de 3,16 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans, des grilles reconduites à l’identique depuis juillet. Les meilleurs profils empruntent même à 2,85 % sur 15 ans et 3,20 % sur 25 ans.
- Taux moyen 15 ans : 3,16 %
- Taux moyen 20 ans : 3,31 %
- Taux moyen 25 ans : 3,43 %
- Meilleur taux 25 ans : 3,20 %
Mais ce calme apparent pourrait ne pas durer. L’OAT à 10 ans, indicateur de référence pour les barèmes bancaires, est repassée de 3,65 % début juillet à plus de 3,90 % fin juillet. Cette remontée oblige les banques à la prudence, et plusieurs observateurs du secteur évoquent désormais un risque de hausse des taux dès la rentrée, potentiellement au-delà de 3,5 % sur 25 ans pour les profils standards.
Des écarts régionaux marqués
Les conditions d'emprunt varient sensiblement selon les territoires. Sur les meilleurs taux, les Hauts-de-France se distinguent avec des offres à 2,95 %, suivis de l’Occitanie, de PACA et de la Corse à 2,91 %. Sur les taux moyens en revanche, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire se partagent la meilleure position, à 3,33 %. Ces disparités régionales pèsent directement sur le budget des ménages selon leur lieu de résidence, et peuvent influencer les arbitrages de nombreux acquéreurs entre plusieurs zones.
Ce que cela change pour les futurs acquéreurs
Pour les ménages qui envisagent un achat dans les prochains mois, la fenêtre actuelle reste favorable, mais elle pourrait se refermer progressivement. Les courtiers recommandent généralement de sécuriser un taux dès que le dossier est prêt, plutôt que d’attendre une hypothétique nouvelle baisse. Du côté des vendeurs, la reprise des volumes ne s’accompagne pas d’une envolée des prix, ce qui maintient un rapport de force globalement plus équilibré entre acheteurs et vendeurs qu’au plus fort de la crise du secteur.
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Questions fréquentes
Pourquoi le marché immobilier ancien repart-il à la hausse en 2026 ?
La baisse des taux de crédit par rapport aux pics de 2023-2024 a redonné du pouvoir d’achat immobilier aux ménages, ce qui a permis un rebond des transactions, porté principalement par des acquéreurs occupants plutôt que par des investisseurs.
Les taux de crédit immobilier vont-ils augmenter à la rentrée 2026 ?
Le risque existe : la remontée de l’OAT à 10 ans fin juillet, passée de 3,65 % à plus de 3,90 %, pousse les banques à la prudence et pourrait se traduire par une hausse des barèmes dans les prochaines semaines.
Le marché immobilier a-t-il retrouvé son niveau d’avant-crise ?
Non : malgré la reprise, le volume de transactions reste environ 25 % en dessous du pic de 1,1 million de ventes enregistré à l’été 2021, et les notaires parlent d’un marché encore irrégulier, « en dents de scie ».
Sources
- Immo Matin — Notaires de France : 958 000 transactions (+11 %), « une reprise sans excès »
- CAFPI — Baromètre des taux de crédit immobilier, août 2026
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